Jean-Paul Didierlaurent
Folio
mai 2014
208 p.  7,20 €
 
 
 

La critique invitée

Myriam Chaplain-Riou (AFP)
aime Le liseur du 6h27
de Jean-Paul Didierlaurent (Au Diable Vauvert)

« Cette fable poétique à la Jean-Pierre Jeunet, ce premier roman intitulé « Le liseur de 06h27 », publié au Diable Vauvert, a tout du best-seller annoncé.

Et c’est aussi un véritable conte de fée pour son auteur, Jean-Paul Didierlaurent, un employé de chez Orange de 52 ans qui habite un petit village des Vosges (où il est né), près de Gérardmer. Avant même sa publication en France, les droits du roman ont été achetés par 25 pays, par Folio, et il va être adapté au cinéma.

Ce « feel good book », un livre plein d’humanité et d’humour qui fait du bien en ces temps moroses, conte les aventures d’un solitaire un peu paumé, amoureux des livres, sauvé par son imagination et l’amour.

Avec une écriture très cinématographique, « Le Liseur du 6h27 » raconte d’une plume légère et joliment loufoque l’histoire de Guylain Vignolles, un nom « à la con », assure le personnage, objet d’une contrepèterie malheureuse: Vilain Guignol, qui l’a poursuivi toute sa vie. Guylain, qui a appris « en 36 ans d’existence à devenir invisible pour ne plus déclencher les rires et les railleries », vit seul avec son poisson rouge, Rouget de Lisle, son seul confident, avec un vieil ami cul-de-jatte. Dans une usine à la Kafka, le héros, plutôt un anti-héros, est préposé au pilon des livres invendus: « une barbarie », selon lui. Chaque jour, cet amoureux des mots sauve quelques pages de la gigantesque broyeuse et les lit à haute voix, dans le RER de 6h27 qui l’emmène à son « boulot de bourreau ».

Un matin, il trouve dans ce RER une clé USB contenant le manuscrit d’une inconnue dont il va tomber amoureux. Guylain lit aux passagers le texte de la jeune femme, une dame pipi à la verve féroce pour décrire les habitués de son monde souterrain. Elle compte et recompte d’ailleurs les carreaux de faïence qui l’entourent, espérant qu’un jour quelque chose bouleversera son quotidien. Guylain n’aura de cesse de retrouver cette âme soeur…

S’il s’agit de son premier roman, écrit en deux mois grâce à une résidence d’auteur, Jean-Paul Didierlaurent a été déjà deux fois lauréat du Prix Hemingway pour ses nouvelles. Il va prendre une disponibilité pour assurer la promotion du livre et, si son succès se confirme, espère pouvoir se consacrer à l’écriture, sa passion« .
Propos recueillis par Pascale Frey

 
 
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