300 pages et des poussières - onlalu
   
 
 
 

300 pages et des poussières

Les gros romans terrorisent les critiques littéraires (« comment vais-je avoir le temps de terminer avant le bouclage? ») et enchantent les lecteurs non professionnels (« chouette, j’ai de la compagnie pour des semaines! »). Mais parfois les premiers oublient leur métier pour redevenir simplement les seconds. Signe que le livre est vraiment réussi. C’est le cas de ces trois titres-là.

La sélection de Pascale Frey

 
Ces instants-là
Herbjorg WASSMO

Je suis fan de cette romancière norvégienne, encore trop méconnue en France alors qu'elle est une star chez elle. Je l'ai découverte tard, en 2011, avec "Cent ans" qui racontait l'histoire des femmes de sa famille. Dans "Ces instants-là", qui n'a de "roman" que l'intitulé, Herbjorg Wassmo revient sur sa vie, sur sa haine pour son père dont on comprend, sans que cela ne soit jamais écrit, qu'il a abusé d'elle, sur ce fils qu'elle a eu alors qu'elle n'était elle-même qu'une enfant ou presque, et sur l'écriture bien sûr, omniprésente dans sa vie. Son pays, ses hivers interminables, la nature rythment son œuvre. Découvrez-la et ensuite vous aurez envie de vous précipiter sur tous ses autres livres.

 
 
Le Ravissement des Innocents
Taiye Selasi

Taiye Selasi n'a pas ravi que des innocents, mais aussi tous les lecteurs qui ont eu la chance d'ouvrir son livre. Elle est née à Londres, a grandi aux Etats-Unis, vit aujourd'hui à Rome, et une partie de son récit se déroule en Afrique. Un univers éclaté à l'image de cette famille dont elle raconte l'histoire, et qui du jour au lendemain a vu son équilibre et ses repères exploser lorsque leur père et mari s'est brusquement enfui. Chirurgien réputé, il a été victime d'une injustice. Se sentant humilié, il a préféré déserter plutôt que d'affronter sa famille et l'éventuelle déception qu'il aurait pu leur causer. Un premier roman bluffant... qui serait d'ailleurs tout aussi bluffant s'il s'agissait du dixième !

lire aussi notre critique:"Afropolitan family 

 
 
Nous sommes l'eau
Wally Lamb

D'abord, l'homme est charmant. Authentiquement charmant, pas seulement avec les journalistes. Il vit dans une petite ville près de New York, ville qui s'est transformée en "Three Rivers" et se retrouve dans plusieurs de ses romans. L'histoire qu'il raconte ici, aurait pu lui être inspirée par une des prisonnières qui participe à son atelier d'écriture. Car lorsque nous faisons la connaissance de son héroïne, Annie Oh, nous savons juste qu'elle est une artiste célèbre, qu'elle a quitté son mari et est sur le point d'épouser sa galeriste. Elle devrait nager dans le bonheur ? Et pourtant, cette femme souffre parce qu'elle se laisse rattraper par ce passé qu'elle a caché à tout le monde et qui n'a jamais cessé de la hanter... On retrouve dans ces pages toute la délicatesse et l'art romanesque de l'auteur du "Chant de Dolorès" et de "La Puissance des vaincus".

 
 
 
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