Douglas KENNEDY
Pocket
roman
mai 2015
448 p.  7,40 €
 
 
 
L'autre, cet inconnu

Avec « Mirage », Douglas Kennedy quitte les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, ses terrains de jeu préférés, pour le Maroc. C’est son douzième roman, et la septième fois qu’il se glisse dans la peau d’une femme, d’une comptable, en l’occurrence, amoureuse d’un artiste. L’union de la carpe et du lapin. Direction Essaouira et le Sahara pour un roman qui se trouve, comme souvent chez Kennedy, à mi-chemin entre le polar et le roman d’amour, ou de désamour plutôt.

L’amour est toujours un sentiment compliqué dans vos romans.
Je pense qu’on tombe amoureux de gens, mais aussi d’une projection que l’on se fait d’eux. Paul a 50 ans et est un panier percé. Pourquoi diable Robyn va-t-elle se laisser séduire par cet homme qui n’est pas son genre et le suivre dans ce voyage ? Parce que si elle est très rationnelle, elle est aussi très romantique. Elle n’a pas pu sauver son père, elle va essayer de sauver son mari. Mauvais départ pour un mariage !

Pourquoi avoir choisi le Maroc ?
J’adore ce pays, à la fois mystique et laïc. Il y a des paysages, des arts décoratifs, une cuisine extraordinaires. Je voulais dresser le portrait positif d’un pays arabe, qui soit un mélange de traditions et de modernisme. Et du point de vue romanesque, alors que ce couple vit une crise personnelle, le fait de se trouver dans un lieu qui leur est si étranger (ils sont américains tous les deux), va contribuer à les déstabiliser. J’avais envie d’un « page turner » très hitchcockien.

Au fond, que votre roman se passe à Essaouira ou à New York, on retrouve toujours le même thème : l’autre, cet inconnu !
Et oui, lorsqu’on vit avec quelqu’un, même depuis des années, il reste toujours des aspects qui nous restent étrangers. Un jour, mon comptable m’a dit, je dois être la personne qui connais le plus vos habitudes ! C’est vrai qu’avec toutes les factures qui lui passent entre les mains, il sait exactement ce que je fais, où je vais etc… J’ai trouvé que c’était un bon point de départ pour un roman. Mon héroïne peut retrouver les traces de son mari et ce qu’il a fait ces derniers mois en se plongeant dans ses comptes. Elle va faire de drôles de découvertes, pas toujours agréables. Et voilà, je me suis mis à mon ordinateur à l’automne 2012. Un an et demi plus tard, je mettais le point final à ce « Mirage ».

Propos recueillis par Pascale Frey

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