Jim Harrison
Christian Bourgois
septembre 1999
471 p.  7,50 €
 
 
 

libLa Manoeuvre
illustration Brigitte Lannaud Levy

Quand Jérôme Cuvelier a créé « La manœuvre » il y a dix ans, il est allé chercher le nom de sa librairie à la source de ses deux passions : la littérature et la voile. « La main à l’œuvre » de l’auteur qui écrit et « À la manœuvre » comme tout bon marin qui se respecte. Et puis dans ce quartier branché de la Bastille où les cafés s’appellent « L’industrie » ou « Le monte-charge » ça sonnait plutôt bien. Pour Jérôme Cuvelier qui a appris son métier à la Librairie Mille pages à Vincennes (où il a passé vingt ans), le plus important c’est de mettre en relation tous ceux qui font exister le livre: les auteurs, les éditeurs, les traducteurs et les lecteurs. Sans ce lien essentiel qu’il aime et s’attache à créer,  son métier de librairie perdrait toute sa saveur. Il nous reçoit avec toute la chaleur et l’enthousiasme qui le caractérisent pour nous faire part de ses romans coups de cœur.  

Le roman français de la rentrée qui vous a particulièrement plus
« Pirates » de Fabrice Loi (Gallimard). Cet « auteur-charpentier- trompettiste » de talent nous offre un texte qui embrasse des thèmes essentiels de notre société, qu’ils soient sociologiques, politiques ou artistiques. Il parvient à synthétiser très habilement, sous forme de thriller, les malaises profonds provoqués par les conflits d’aujourd’hui. 

Quel est votre dernier coup de cœur en littérature étrangère?
« Paris sur l’avenir » de Nathaniel Rich ( Éditions du Sous-sol). Un roman très étonnant, une sorte de fable apocalyptique sur l’Amérique paranoïaque qui tente de garder le contrôle sur de possibles catastrophes à venir. Ce livre raconte aussi une très belle histoire d’amour. C’est une jolie surprise de cette rentrée. 

Quel est le premier roman de septembre qui vous a le plus marqué ?
« Les loups à leur porte » Jeremy Fel (Rivages). Il explore avec talent un genre à la David Lynch qui flirte avec le fantastique et que les auteurs français n’ont pas l’habitude de traiter. C’est très réussi, sous forme de nouvelles qui se resserrent en un récit très maîtrisé, tout en suspense et qui met le lecteur sous tension. 

Le roman le plus emblématique de la librairie et que vous défendez avec ferveur
Je pourrais vous citer « Le comte de Monte–Cristo » d’Alexandre Dumas qui m’a accompagné lors d’une traversée de l’Atlantique à la voile. Mais « Dalva » de Jim Harrison s’impose. C’est un roman «total» qui rassemble tout ce que j’aime en littérature : un souffle, un style, des voix, de grands espaces, des sentiments, de la poésie, de la philosophie. Tout y est. 

Quel a été selon vous le grand roman de l’été 2015 ?
« Nord-nord-Ouest » de Sylvain Coher (Actes Sud). Un roman initiatique. L’histoire de deux mômes qui après avoir fait une grosse connerie, veulent rallier l’Angleterre depuis Saint-Malo, à la voile, alors qu’ils n’ont jamais navigué. Une sorte de road movie, mais qui se déroule surtout en mer.

Une brève de librairie
Comme beaucoup de mes confrères, j’ai des anecdotes remplies d’humour. Comme celle d’une cliente qui venant chercher le dernier roman de Jean-Philippe Toussaint me dit « Bonjour je voudrais Faire l’amour ». Et moi de lui répondre pour la taquiner : « Là, maintenant ? Ici ? Tout de suite ? ». Plus sérieusement, une avant-veille de Noël, Jacques Higelin était à la librairie pour une signature. Un type qui passait par là avec un accordéon s’est mis à jouer et Higelin à chanter de façon totalement improvisée. Du coup, nous tous autour avons poussé de la voix avec lui. Le lendemain un client m’a dit que c’était un moment magique comme si j’avais fait venir le père Noël à La Manoeuvre. 

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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La Manœuvre
58, rue de la Roquette
75011 Paris
01.47.00.79.70

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
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