Albert Camus
Gallimard
folio
janvier 1972
183 p.  6,60 €
ebook avec DRM 6,49 €
 
 
 

La boîte à livres

 

La boîte à livres Tours illustration 
illustration Brigitte Lanaud Levy

Créée après guerre en 46 par Andrée Vanson près de la gare de Tours dans un baraquement de fortune qui ressemble à une boîte, cette librairie trouve alors tout naturellement son nom : « la boîte à livres ». Marceline Langlois Berthelot prend la direction de la librairie en 1985. Elle est épaulée à partir de 1992 par son mari le comédien et metteur en scène Joël Hafkin, chargé plus particulièrement de la communication et des rencontres. Ils vont ensemble faire rayonner leur passion commune pour les mots et offrir un très vaste espace à leur librairie.  Auparavant installée rue des Halles, en 1998, La boîte à livres déménage à son adresse actuelle, 19 rue Nationale avec pour seul crédo : « faire le bonheur des lecteurs ». Dans ses mille mètres carrés répartis sur trois niveaux, l’équipe volontairement très étoffée de trente personnes dont 17 libraires spécialisés, offre une réelle qualité d’écoute et d’échange. Ici le monde du livre est avant tout vivant. Au premier étage, se trouve un ravissant salon de thé–galerie qui s’appelle « L’escale » et qui porte bien son nom. Depuis la disparition de son épouse en 2008, Joël Hafkin a pris seul en main la destinée de la librairie, mais toujours dans l’esprit qui les animait tous les deux. Venu du monde du théâtre, il mesure l’importance de la parole, du lien, des échanges. Ainsi continue-t-il sans relâche à mettre l’accent sur la qualité des rencontres avec les auteurs. Il en organise pas moins de deux à trois par semaines. En l’écoutant, vibrer d’une telle passion et aussi attaché à sa jolie « boîte »,  on ne peut s’empêcher de penser qu’il est un libraire qui ne fera jamais assez de place aux lecteurs et aux livres.

Quel est le roman français de la rentrée qui vous a le plus plu ?
« L’homme de ma vie » de Yann Queffélec (Editions Guérin). C’est un livre important de l’auteur du prix Goncourt « Les noces barbares ». Il nous éclaire sur sa relation avec son père, l’écrivain breton Henri Queffélec qui avait lui aussi reçu le Goncourt et dont il n’a jamais réussi à se faire aimer. Il  donne  dans ce texte  toute la mesure sur le sentiment de rejet qu’il a pu ressentir enfant, puis  devenu adulte. Sa force en tant qu’auteur aura été de lutter contre une figure paternelle qui était aussi un écrivain et d’avoir trouvé par lui-même sa propre identité littéraire.

Et en littérature étrangère quel est votre coup de cœur ?
Jòn Kalman Stéfánsson « D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds » (Gallimard). Un des livres les plus puissants de cette rentrée. L’histoire bouleversante d’un écrivain-éditeur qui vit au Danemark et prend la fuite vers l’Islande pour voir son père dont il n’a jamais été proche et qui va bientôt mourir.  Il fait alors le point sur sa vie et celle de ses ancêtres, dont son grand-père pêcheur. Porté par une écriture de poète, ce roman âpre et dur sur l’incommunicabilité vous emporte très loin sur cette terre lunaire et volcanique d’Islande.

Quel est le premier roman qui a retenu plus particulièrement votre attention ?
Marion Guillot « Changer d’air » (Minuit). Sur le port de Lorient, un jeune professeur à la faveur d’un incident peu banal – Une femme sous ses yeux se jette à l’eau-  va revoir sa vie et décider de disparaître. Il quitte son épouse et leurs deux enfants et part à Nantes pour essayer de tout recommencer. C’est un roman d’atmosphère sur le mal de vivre, l’entre-deux. L’écriture est précise, très concentrée, de même facture que celle des meilleurs auteurs des Éditions de Minuit. Une réussite.

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie que vous défendez depuis toujours avec ferveur ?
« Noces » d’Albert Camus qui m’accompagne depuis longtemps. Un recueil autobiographique sur la vie, la mort, l’absence, l’illusion, la nature. Je le lis et le relis inlassablement tant il donne du courage. Ce texte me tient à cœur pour deux autres raisons. Je l’ai tant aimé que je l’ai joué au théâtre, seul en scène et par ailleurs je me sens très proche de l’oeuvre d’Albert Camus.

Quel aura été selon vous le grand roman de l’été passé ?
C’est un premier roman « D’argile et de feu » d’Océane Madelaine (Editions des Busclats) qui est céramiste de métier. Mais c’est avant tout un grand et beau livre que l’on a défendu tout l’été et que l’on continue de défendre. L’histoire très forte d’une jeune femme en rupture de banc qui sur la route au cours de son errance découvre le monde des potiers et des céramistes.

Une brève de librairie
Il y a deux ans, en pleins travaux du tramway, il y avait des tranchées devant la librairie et on avait moins de monde. J’ai alors proposé que nous organisions une grande fête où les gens viendraient avec quelque chose à déguster et un livre qui leur tient à cœur. Tout le monde a joué le jeu. Ça a créé un très bel échange autour de lectures parfois anciennes et un beau souvenir pour tous.

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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19 rue Nationale 37000 Tours
02 47 05 70 39

 
 
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