b i e n t ô t

En finir avec Monica
de Candace Bushnell  
paraîtra le 2 juin chez Albin Michel 

Peut-être avez-vous oublié son nom, Candace Bushnell, mais si l’on vous dit « Sex and the city », cela vous fait tilt bien sûr ! Elle revient avec une nouvelle héroïne, Pandy Wallis, l’auteur d’une série de romans autour de la vie d’une jeune femme à Manhattan…. Le public adore son héroïne, Monica, et Pandy est censée livrer la suite de ses aventures. Mais voilà qu’elle a envie de donner un nouveau tournant à sa carrière en publiant un récit historique sur son ancêtre… Autant dire que son éditeur n’est pas emballé !La revue américaine Booklist a écrit à propos de ce nouveau titre: « Bushnell renouvelle la recette de son succès : les femmes, le sexe, les ragots et une bonne dose d’humour ». On a hâte, et pour patienter,
en voici le début :

« C’était l’été, et de nouveau, on voyait Monica partout. Au supermarché, dans les journaux, entre deux rangées de bonbons et de chewing-gums sans sucre près de la caisse. Et là, sur la paroi de l’arrêt de bus. Et là encore, en couverture des magazines de mode au salon de coiffure. Elle était dans toutes les émissions de télé du matin, à vous aider à faire le tri dans votre garde-robe d’été. Elle était avec vous dans le taxi, sur l’écran passager, à vous dire où aller, quoi voir, quoi acheter. A vendre. Vendre tout le temps. Quoi ? Du bonheur, surtout.

Et elle le faisait toujours avec le même brio. Sa peau douce et parfaite était éclatante. Ses joues ? Des pêches. Ses cheveux ? Une épaisse cascade dorée à l’or fin vingt-quatre carats.

Le 1er juin, fidèle au rendez-vous, l’image de Monica avait commencé à apparaître sur le panneau publicitaire géant dominant les boutiques de créateurs de Soho. D’abord les cheveux, ensuite le front, grand et lisse, puis les yeux avec leur iris d’un vert clair presque translucide cerclé de brun mordoré. Enfin la bouche, posée sur son visage telle une fraise bien sucrée, souriante, lèvres ouvertes. Monica était heureuse. Tellement, tellement heuruese. Vous la regardiez, et tout à coup vous rêviez d’être elle.

A moins bien sûr de l’être déjà. Ou de l’avoir été, à votre manière – dans le passé. Sauf qu’aujourd’hui, vous êtes claquée, abattue, et vous avez un teint horrible. Vos yeux sont injectés de sang. Vos cheveux collent.

Plus que deux jours. Trois ou quatre maximum, songea Pandy en regardant le front de Monica. C’était dans ses cordes. Elle pouvait gagner.

C’était déjà arrivé, d’ailleurs. Avec Monica.

Charmante, loufoque, adorable Monica, héroïne de quatre livres et quatre films éponymes.

Pandy avait inventé Monica lorsqu’elle était enfant, pour son propre amusement et celui de sa jeune sœur Hellenor. Monica avait les cheveux blond jonquille, et était rapidement devenue leur jeu préféré, vedette d’une collection de carnets intitulés Monica, manuel à l’usage des filles qui veulent être des filles.

Quand elle avait quitté la maison pour s’installer à New York et s’essayer au dur métier d’écrivain, Pandy s’était naturellement imaginé qu’elle laissait Monica derrière elle.

Erreur.

Car un soir, alors que son troisième roman venait d’être refusé, qu’elle avait dû emprunter de l’argent pour payer son loyer et découvert que l’homme qu’elle prenait pour son petit ami était en réalité celui d’une autre, elle avait subitement repensé à Monica.

Monica. La plus glamour des glamour girls. Du moins en apparence. Sauf que, quand Pandy avait créé Monica, elle était au plus bas, et ça, elle était la seule à le savoir.

Monica avait été la réponse à son désespoir.

Pandy s’avança jusqu’à la fenêtre et fronça les sourcils. Le soleil passa derrière le panneau publicitaire situé à une centaine de mètre, et une fois de plus, Pandy se retrouva dans l’ombre de Monica. »

 

 

 
 
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