b i e n t Ô t

La quiche fatale
de M.C. Beaton 
paraîtra le 2 juin chez Albin Michel 

 

Chez elle, en Angleterre, MC Beaton est un « trésor national » selon le Times. Et le trésor devrait prendre encore plus de valeur maintenant que les aventures de son héroïne, Agatha Raisin, sont adaptées à la télévision. Agatha ressemble à une version moderne de la célèbre Miss Marple d’Agatha Christie ou de la Miss Silver de Patricia Wentworth. Les amateurs de meurtres sur fond de « cup of tea » avec quelques scones réchauffés au micro-ondes quand même, seront conquis.

en voici le début :

« Mrs. Agatha Raisin était assise à son bureau désormais vide de South Molton Street, dans le quartier de Mayfair, à Londres. De la réception lui parvenaient le bourdonnememnt des conversations et le tintement des verres du personnel qui s’apprêtait à lui faire ses adieux.

Car Agatha prenait une retraite anticipée. Elle avait bâti son agence de relations publiques au prix de longues années de dur labeur, laissant loin derrière elle la petite fille d’ouvriers de Birmingham qu’elle était autrefois. Elle avait survécu à un mariage malheureux dont elle était sortie meurtrie, certes, mais aussi déterminée à réussir dans la vie. Les efforts qu’elle avait déployés dans son travail tendaient tous à la réalisation d’un rêve : un cottage dans les Cotswolds.

Les Cotswolds, dans les Midlands de l’Angleterre, sont sans nul doute l’une des rares merveilles du monde issues de la main de l’homme, avec leurs pittoresques villages de maisons en pierre dorée, leurs jolis jardins, leurs petites routes sinueuses et verdoyantes et leurs églises anciennes. Agatha y avait effectué un bref séjour enchanteur lorsqu’elle était enfant. Et même si ses parents avaient détesté l’endroit et déclaré qu’ils auraient mieux fait de partir comme d’habitude dans un camp de vacances Butlin, les Cotswolds représentaient à ses yeux tout ce qu’elle avait toujours désiré : la beauté, la tranquillité et la sécurité. Ainsi, dès son enfance, elle avait pris la résolution qu’un jour elle habiterait l’un des jolis cottages d’un paisible et calme village, loin des bruits et des odeurs de la grande ville.

Durant toutes les années où elle avait vécu à Londres, elle n’était jamais, jusque récemment, retournée dans les Cotswolds, préférant garder le rêve intact. Et voilà qu’elle avait fait l’acquisition du cottage idéal dans les village de Carsely. Un nom regrettablement banal comparé à tous ces noms intrigants qu’étaient Chipping Cambden, Aston Magna ou Lower Slaughter, mais le cottage était parfait, et le village ne se trouvant pas sur les circuits touristiques, il était épargné par les boutiques d’artisanat, les salons de thé et les groupes en excursion pour la journée.

Agée de cinquante-trois ans, Agatha avait des cheveux châtains quelconques, un visage carré tout aussi quelconque et une silhouette trapue. Elle s’exprimait avec l’accent le plus distingué qui soit, sauf dans les moments de détresse ou d’excitation où les intonations nasillardes héritées de sa jeunesse à Birmingham perçaient sous le vernis Mayfair de sa diction. En outre, bien que posséder une certaine dose de charme représente un atout dans le domaine des relations publiques, Agatha en était totalement dépourvue. Elle parvenait à ses fins en incarnant à elle seule les deux personages du numéro « gentil flic-méchant flic », usant tantôt d’intimidation, tantôt de cajolerie avec ses interlocuteurs. Les journalistes n’accordaient souvent de la place à ses clients dans leurs colonnes que pour se débarrasser d’elle. Elle était, aussi, experte dans l’art du chantage affectif, et quiconque commettait l’erreur d’accepter un cadeau ou une invitation à déjeuner de sa part se voyait ensuite poursuivi sans vergogne jusqu’à s’être acquitté de sa dette. »

 

 

 
 
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