La librairie du Globe (Paris) - onlalu
   
 
 
 
 
 
Alexandre Pouchkine
Actes Sud
babel
octobre 2008
378 p.  8,70 €
 
 
 


Illustration Brigitte Lannaud Levy

 

« L’URSS n’était pas le monde, mais le monde allait devenir soviétique ». Tel est l’esprit mégalomane qui soufflait sur cette librairie « Rouge » créée en 1952 à Paris pour promouvoir la langue russe, sa littérature et l’idéologie du régime. Et puis le bloc de l’Est  s’effondre dans les années 90, l’intérêt pour la Russie est en berne, la librairie en subit les conséquences de plein fouet et dépose le bilan.  En 2004 François Deweer  russophone dans l’âme, accompagné d’amis, décide de rouvrir ce lieu en s’affranchissant des querelles Blanc-Rouge et des clivages idéologiques pour en faire un lieu de rencontres et de découvertes  pour ceux qui s’intéressent à la langue et la culture russe au sens large.  Sur 135 m² répartis sur deux niveaux, voici un lieu au cœur du Marais qui prend de plus en plus la dimension d’un centre culturel russe multiforme proposant des films, des concerts, des récitals, des cours de russe, des rencontres, des signatures. C’est François Deweer lui-même, directeur de la plus vieille librairie russe de Paris qui nous accueille pour partager ses coups de cœur.  

Quel roman russe contemporain nous conseillez-vous de lire plus particulièrement ?
« Telluria » de Vladimir Sorokine (Actes Sud). Cet auteur post-moderniste possède un talent littéraire époustouflant.  Cette dystopie allégorique sur l’avenir de l’Europe et de la Russie dessine les effrayants contours d’un futur possible.

Mais je vous conseille aussi « Le voyage de Hanumãn » d’Andreï Ivanov ( Le Tripode). Qui raconte de façon explosive l’exil de deux paumés dans un camp de réfugiés au Danemark.

Et quel livre sur la Russie, d’un auteur français nous  recommandez-vous ?
« La mer des cosmonautes » de Cédric Gras ( Paulsen): le récit de voyage, du premier écrivain français parti à bord du brise-glasse russe l’Akademik Fedorov et qui va affronter les Quarantièmes rugissants puis franchir le 60e parallèle pour atteindre les rives de la Pravda.

Et du côté des grands auteurs russes  classiques ?
« Anna Karénine » de Tolstoï , « Crimes et châtiments »  ainsi que « Les frères  Karamazov » de Dostoïevski  sont des incontournables, des sommets. Mais je vous recommande vivement « Vivre de mes rêves. Lettres d’une vie » d’Anton Tchekhov. (Bouquins, Robert Laffont) traduit par Nadine Dubourvieux.  Ce recueil de lettres  permet de suivre le fil de l’existence de cet écrivain  hors du commun, aux qualités humaines et littéraires immenses.

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie que vous défendez depuis toujours avec ferveur ?
« Eugène Onéguine »  d’Alexandre Pouchkine (Poche Babel) traduit par André Markowicz. Ce roman-poème en vers est un texte majeur  du plus grand poète russe et profondément emblématique de l’âme russe. Éblouissant.

Une brève de librairie
Le 17 mars dernier nous avons reçu Andreï Kourkov, l’auteur du roman « Le pingouin » (Liana Levi). Il est venu nous présenter son dernier livre disponible seulement en russe pour le moment.  Une partie de l’action se déroule ici même, dans notre librairie. Ça nous touche beaucoup que ce lieu devienne un personnage romanesque en soi et trouve ainsi sa place dans l’œuvre d’un écrivain russe.

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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67 boulevard Beaumarchais
75003 Paris
01 42 77 36 36

 
 
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