Patrick Brontë, Charlotte Brontë, Branwell Patrick Brontë, Emily Brontë, Anne Brontë
Quai Voltaire

624 p.
 
 
 

l  a   c  r  i  t  i  q  u  e   i  n  v  i  t  é e    

Marie Chaudey (La Vie) a aimé
« Lettres choisies » de la famille Brontë, 1821-1855, paru aux éditions Quai Voltaire.

« Je pensais les connaître, ces romancières icôniques, mais leurs lettres nous permettent de les redécouvrir dans leur réalité. Nous progressons dans cette correspondance un peu comme dans un roman. Nous découvrons d’abord Emily, Charlotte et Ann Brontë dans leur presbytère. Elles sont élevées en même temps que leur frère Branwell, et profitent de l’éducation qu’il reçoit et de l’érudition de leur père pasteur. Elles sont écartelées entre ces aspirations intellectuelles, et leur destinée : elles devront soit trouver un bon mari, soit devenir gouvernantes. Elles parlent de ces problématiques dans les lettres qu’elles s’envoient. Comme leur père est pauvre, Charlotte et Ann vont travailler à Bruxelles, et Charlotte tombera folle amoureuse du directeur du pensionnat qui l’a embauchée, le professeur Héger, un homme très pieux et marié de sucroît. Et qui deviendra le modèle du Rochester de « Jane Eyre ». Devant cette passion non partagée, Charlotte rentre chez elle, dans le Yorshire, et lui écrit des lettres enflammées, récupérées de justesse par la femme du professeur alors que celui-ci les avait jetées à la corbeille… Tant mieux pour la postérité !

Comme ses sœurs, Charlotte finit par s’épanouir dans la littérature. Elles ont l’intelligence de prendre des noms d’hommes pour soumettre leurs manuscrits à des éditeurs, car elles ont très bien compris que ce serait la seule façon pour elle d’être publiées. La mort enfin est omniprésente, avec cette année terrible durant laquelle le frère disparaît, suivi d’Emily et bientôt de Ann condamnée par la tuberculose.

Nous avons progressivement et de façon poignante dans ce recueil, qui nous permet de retrouver l’atmosphère de la lande et donc des romans des sœurs Brontë. Ces lettres n’avaient jamais été traduites, mais elles apparaissent très actuelles, elles passionneront toutes les générations et nous donnent une toute autre image de ces femmes, finalement très audacieuses pour leur époque. »

Propos recueillis par Pascale Frey
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