Marie-Laure Vanier blog Lireaulit a aimé Hôtel du Grand Cerf - onlalu
   
 
 
 
 
 
Franz Bartelt
Le Seuil
cadre noir
mai 2017
352 p.  20 €
ebook avec DRM 14,99 €
 
 
 

l  e   b l o g   i  n  v  i  t  é

Marie-Laure Vanier (blog Lireaulit) a aimé
«Hôtel du Grand Cerf» de Franz Bartelt (Editions du Seuil)  

Quand Nicolas Tèque se voit confier une mission, il ne sait pas qu’il va mettre les pieds dans une espèce de nid de vipères particulièrement voraces… Et c’est peu dire ! Chargé en effet, en tant que journaliste, d’aller enquêter sur la mort a priori accidentelle d’une jeune actrice, Rosa Gulingen, décédée dans sa baignoire un demi-siècle plus tôt, il n’est pas bien convaincu de l’intérêt de sa mission, mais comme il est vaguement désoeuvré et désargenté, il obtempère.

Les renseignements qu’il glanera sur place permettront à un producteur de réaliser un documentaire sur cette actrice et son ami de l’époque, un certain Armand Grétry.

Et voilà notre Nicolas parti pour Reugny, petit village au cœur des Ardennes : une chambre lui est réservée à l’Hôtel du Grand Cerf, tenu par une certaine Thérèse Londroit qui voue un culte absolu à cette Rosa Gulingen qui a eu la bonne idée de se noyer dans la baignoire d’une des chambres de l’hôtel où elle logeait avec toute l’équipe du tournage, ce qui a apporté une certaine renommée à l’établissement.

Mais lorsque Nicolas débarque de Paris, il découvre un village sens dessus dessous : deux meurtres viennent d’avoir lieu et une disparition. Du jamais vu dans ce pays où tout le monde connaît tout le monde  depuis la nuit des temps et où « on règle ses comptes avec trois siècles de retard, mais on les règle. » Douce humanité…

C’est donc logiquement qu’arrive à l’auberge du village un certain Vertigo Kulbertus… Inspecteur…

Alors, comment vous dire ? Vertigo Kulbertus… (Ah, ce nom !)

Rien que pour ce personnage, le livre vaut le détour… et plus que ça même… A quatorze jours de la retraite, le dit inspecteur qui a horreur des déplacements, sa masse corporelle dépassant l’impensable, arrive à l’auberge en râlant, en demandant un lit très large soutenu par des parpaings et des briques. Trois oreillers : monsieur ne peut dormir allongé. Pour les repas, c’est simple, il mange tous les jours la même chose: frites et boulettes le matin, frites et cervelas le midi, frites et fricadelles à quatre heures, frites et brochettes de steak haché le soir : « Toujours dans le même ordre et toujours avec des frites. » On avait compris ! Et la bière, sans mousse, s’il vous plait. Un gars qui dit ce qu’il a à dire et plus, si besoin est, direct quand il le faut, logique à sa manière : « tous les assassins ont des alibis. Un assassin sans alibi, c’est un pompier sans échelle », sans gêne, plus qu’un brin vulgaire, très cabotin, s’arrangeant avec la justice et la morale si nécessaire, un gars dont le naïf du coin se dit en le voyant : l’assassin peut dormir sur ses deux oreilles, il ne risque pas d’être arrêté par cet excentrique un peu barge…

Mais, méfions-nous de l’eau qui dort… Thérèse Londroit n’est pas dupe : elle a bien senti qu’il fallait se méfier de l’inspecteur qui « cachait son jeu sous des manières loufoques. A travers le grotesque, elle percevait quelque chose de subtil, une logique tortueuse, un genre d’inspiration… » Il sait ce qu’il fait, l’animal et son plan est clair et bien pensé : « J’installe la folie dans le pays. En trois jours, j’ai réussi à semer la pagaille dans les esprits. Ils me prennent pour un dingue. Mais quelque chose en eux les somme de se méfier de moi… Alors je fiche un coup de pied dans la fourmilière, je piétine le bon sens, la logique, la politesse. J’abuse des pouvoirs qui me sont conférés. A la fin, il sortira bien une vérité de ce sac de nœuds. » Une figure de flic qu’on n’est pas près d’oublier…

Un vrai plaisir de lecture : c’est drôle, incisif et le tout parfaitement ficelé…

Un seul bémol : dites-moi, Monsieur Franz Bartelt, votre Vertigo Kulbertus, il ne pourrait pas faire un peu de rab parce que quand on s’attache… Allez, remettez-le au boulot, on l’aime tellement !

Marie-Laure Vanier présente Lireaulit

Je lis parce que j’aime les histoires et qu’elles me font vivre d’autres vies que la mienne comme diraient certains ! Ma formation universitaire m’a rendue aussi très sensible à l’écriture, la marque de fabrique d’un auteur, ce qui définit sa vision du monde. Cela dit, je peux me régaler avec un livre qui n’est pas particulièrement écrit. Je n’en attends pas la même chose, c’est tout.

Quand je passe devant une librairie : je ne peux m’empêcher d’entrer et d’interroger le libraire sur son dernier coup de cœur : je suis en effet toujours à la recherche du livre génial, de la perle rare, de la pépite qui m’a échappé ! Alors, je fouine ici et là, inlassablement !

Lire au lit est venu de mon envie de soulager un peu mon entourage. Je vous explique : d’un naturel plutôt passionné, j’ai tendance à fatiguer les gens lorsque je viens de finir un roman qui m’a transportée, insistant presque pour que l’on se mette à le lire sur le champ ! J’ai pensé qu’en écrivant, cela atténuerait ce désir impérieux et quasi incontrôlable de convaincre l’ami, la sœur ou le collègue de découvrir mon livre coup de cœur. Partager avec d’autres calmerait mes ardeurs…. Eh bien… ça ne marche pas ! Paraît-il que lorsque je viens d’achever un très bon texte, mieux vaut plus que jamais me fuir. Donc le blog n’a pas eu l’action thérapeutique escomptée ! Peut-être même a-t-il ravivé mes terribles ardeurs en me mettant en contact avec des lecteurs du monde entier qui partagent ma passion. Je reçois beaucoup de mails de gens qui parfois vivent dans des pays du bout du monde. Et ça, c’est extraordinaire. J’ai parfois l’impression de mieux les connaître que mes voisins d’en face ! J’ai découvert aussi des auteurs, des éditeurs, des attachés de presse, des libraires et surtout d’autres blogueurs… tout un monde qui m’était jusqu’à présent inconnu ! Des gens passionnés par leur métier… Je me régale ! Bien sûr, je ne savais pas en lançant Lire au lit que l’aventure serait si belle et j’espère pouvoir continuer le plus longtemps possible !

Cela dit, tenir un blog demande beaucoup de travail et de discipline : des gens attendent les chroniques pour choisir leurs lectures. Il ne faut pas les décevoir. Et puis, le blog doit être « nourri » : je lis environ deux heures tous les soirs – au lit, d’où le nom de mon blog… je ne lis qu’au lit et l’été sous mon pommier. En effet, j’ai besoin de calme pour me plonger dans les mots des autres, en goûter les sonorités et le rythme des phrases et j’attends que la maison s’apaise pour commencer ma seconde vie. J’essaie de poster environ deux chroniques par semaine mais hélas, je ne peux pas toujours !

Je vous dis à très bientôt sur Lire au lit… j’ai deux trois coups de cœur très récents qui pourraient bien vous intéresser et inutile de vous dire que j’ai hâte de vous en parler !

 

 
 
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