La paix plus que la vérité
Gildas Girodeau

Au-Delà du Raisonnable Editions
février 2012
206 p.  15 €
ebook avec DRM 6,99 €
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nuit blanche

Jeux de vérité

Gildas Girodeau, auteur de polar bien ancré dans la culture catalane nous raconte ici l’enquête menée par Yarnald Colom, un auteur de polar bien ancré dans la culture catalane… Et voilà enclenché le jeu entre vérité de ce qui a été et vérité des fictions qui s’en saisissent, le tout inscrit dans le récit fait de l’histoire de la Catalogne, depuis la période franquiste jusqu’à aujourd’hui, avec ses parts d’ombres et de mensonges assumées et inavouables.

Au départ nous sommes un peu comme Yarnald, le narrateur, pas vraiment convaincu de l’intérêt de cette enquête sur laquelle le lance Valentí,un vieux républicain catalan de Marseille. Il y a cependant un peu trop d’évitement des uns et des autres pour que Yarnal se satisfasse de ce qu’on veut bien lui dire ou lui laisser entendre. Tenu par l’engagement pris, encouragé par ce qu’il trouve, ou surtout par ce qu’il ne trouve pas, l’auteur, journaliste et détective nous entraîne dans cette enquête, qui se transforme en une quête tout court. Nous parcourons avec lui la région de Girona où la guerre civile et le franquisme ont creusé de profondes cicatrices, que l’histoire récente a pu rouvrir et infecter. Il semblerait qu’il n’y ait pas que les lisiers de l’industrie du porc, florissante dans cette région, qui empestent l’atmosphère.

Si Valentí et Bialet, l’ancien républicain et l’ancien franquiste, sont en train de basculer dans les mémoires refoulées de l’histoire, il n’en est pas de même de Montserrat et de Sofia, leurs filles respectives. Quels secrets cachent-elle? Que sait et qu’a fait le père Arnau dans cette histoire? Et Llum, la charismatique militante révolutionnaire ?

La vérité? Quelle vérité? Le prix de la paix est-il celui de la vérité?

En nous embarquant sur les sentiers parfois un peu trop oubliés de l’histoire, Gildas Girodeau et Yarnald Colom nous rappellent que la grande histoire, l’officielle, est d’abord un récit écrit pas les vainqueurs, et que l’histoire, la vraie, est celle qui marque les hommes dans leur mémoire, qui chamboule leurs vies et redistribue les rôles. Une histoire qui n’est jamais finie et qu’il appartient à chacun d’écrire, dans la fiction des récits comme dans le réel des vies.

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