Trafics
Benoît SEVERAC

Pocket
thriller
mars 2017
320 p.  6,60 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu

Après avoir parlé de mes deux journées dédiées à « La Société du Polar », s’étant déroulées les 21 et 22 avril 2017, je voudrais parler aujourd’hui d’un auteur toulousain, Benoît Séverac qui était accompagné par son éditeur : Pierre Fourniaud.
Avec pour premier titre : « LE CHIEN ARABE » aux Éditions « La Manufacture de Livres » et qui a reçu le Prix de L’Embouchure en 2016, décerné par la Police nationale de Haute-Garonne, ce livre s’appelle à présent « TRAFICS » à cause du contexte de la ville de Toulouse, du risque de connotation raciale et l’affaire Mohamed Merah.
Benoît Séverac est non seulement écrivain de littérature noire mais, il enseigne également l’anglais à l’école vétérinaire de Toulouse où il vit, la ville rose de Claude Nougaro.
Durant l’entretien (maintenant de prends des notes), il a dit commencer à écrire quand quelque chose l’énerve. Écrire lui fait du bien et il pense être dans le juste. Mais il faut que sa colère reste intacte, ce qu’il a mis quarante ans à comprendre (ou à admettre?). De plus, il se documente beaucoup sur les gens et il lui suffit de deux ou trois détails pour accrocher. En tant qu’humain, il sait que sa sensibilité est bonne.
Dans son livre « TRAFICS », l’auteur rend hommage à sa ville. D’ailleurs je l’avais déjà mis dans une citation : « Ce roman est dédié aux habitants des Izards à Toulouse ; dont certains font de ce quartier un petit village où il fait bon vivre… aussi. » Préface.
Pour son éditeur Pierre Fourniaud, quand il décide de publier un livre, c’est simple : il le lit : ça lui plaît, c’est bon. Si ça ne lui plaît pas, il discute un peu avec l’auteur de ce qui le dérange. Mais tout dépend de ce qu’il attend justement de cet auteur et s’il s’attache à des points de détails, il laisse beaucoup de souplesse.
Benoît Séverac ne se définit pas comme « un bourrin du boulot ». Son seul rituel dans son rythme d’écriture est qu’il le fait entre 18 heures et minuit (après son travail) en buvant beaucoup de thé. Pour lui la vraie vie c’est l’écriture.
Mais je pense qu’il est grand temps de passer à « TRAFICS » et de cesser de vous livrer mes notes personnelles. J’ai trouvé intéressant de le faire pour la présentation du personnage qui n’a pas qu’une corde à son arc.
L’histoire de passe aux Izards, quartier nord de Toulouse (eh oui, il n’y a pas qu’à Marseille qu’il y a des quartiers nord!). Cet endroit est devenu une plaque tournante de la drogue, où règne Noureddine Ben Arfa (mais son rôle se révélera sous une autre facette…) et qui, avec sa bande de chouffeurs, a trouvé une façon vraiment horrible en utilisant comme « mules » des chiens. Je préfère ne pas m’étendre sur cette action mais Benoît m’a rassurée en m’affirmant que ce n’était pas réel (quand on pense que je peux lire des polars où arrivent et sont décrits des meurtres tous plus terribles les uns que les autres, j’ai de suite eu cette réaction d’inquiétude….). On ne se refait pas mais l’auteur l’a bien pris.
A signaler que Noureddine n’est pas seul à être caïd d’une bande.
Un jour, arrive dans une clinique vétérinaire où travaille Sergine Ollard (une grande costaud), la petite Samia, sœur de Noureddine, pour demander de l’aide car elle a trouvé un chien malade et elles font ensemble, tout ce qui leur est possible pour sauver le pauvre animal, victime de la cruauté humaine. J’aurais voulu utiliser un autre mot mais je reste polie en abrégé, c’était co…rie).
Malheureusement, le chien est finalement retrouvé mort car il a été enlevé par un des trafiquants. L’enquête policière se déclenche et on tombe sur une histoire de trafic de drogue, certes, mais aussi de terrorisme islamique et ses liens avec le banditisme, la montée du radicalisme.
C’est une histoire très dense – pour laquelle je fais mon possible afin ne pas dévoiler tout ce qui se passe, car c’est une critique et non un résumé : en fait j’aurais préféré, c’est plus facile – mais je peux dire que l’auteur pose des questions essentielles. Par exemple : « Comment réagir à de telles situations ? ».
That is a great question…
On voit que Sergine cherche à mener sa propre enquête car elle est grandement impliquée, d’autant plus que Samia va être envoyée au bled pour un mariage forcé alors qu’elle n’a que quatorze ans. Sergine va souvent se faire remonter les bretelles par Nathalie Decrest, à la tête de la police locale, en charge de surveiller les Izards. Les Stups et le Renseignement Intérieur font aussi pression sur elle.
C’est une histoire très prenante, puissante, et qui, justement, trouve sa place dans le contexte actuel lié au terrorisme.
J’ai lu ce livre avec passion, très rapidement. Il faut dire que le rythme est soutenu. On se prend d’une grande affection pour Sergine, très souvent maladroite, ainsi que pour la petite Samia.
On participe intensément à l’enquête sur les trafiquants et toutes leurs magouilles.
L’auteur ne manque pas de nous parler de cet islamisme radical qui est le nerf de la guerre pour le terrorisme et ce que je voulais dire en conclusion, Marc Fernand (Metronews) l’a fait :
« Intelligent, bien écrit, courageux. Une véritable réussite ».
Il faut ajouter que lorsqu’il écrit, pour lui « c’est visuel. Tous ses sens sont en éveil.
Pour vraiment terminer ma critique, je tiens à remercier Benoît Séverac pour sa grande gentillesse ainsi que sa grande disponibilité pendant ces deux journées et je remercie également son éditeur Pierre Fourniaud pour les mêmes raisons. Au fait, il nous a avoué lire ses manuscrits dans les métros car il bouge beaucoup.
Vous comprenez pourquoi je préfère rencontrer les écrivains ainsi dans des librairies indépendantes et non dans dans des Salons. On arrive à créer certains liens et on est très proche des écrivains qui sont, ainsi, beaucoup plus accessibles car plus détendus.
A noter que j’avais déjà rencontré Benoît Séverac lors du dernier Festival du Polar à Villeneuve-lez-Avignon, mais il n’est pas certain d’y être invité cette année.
De plus, et je le promets, c’est la fin de ma critique, ayant l’auteur en ami Facebook, j’espère qu’il sera indulgent (ou pas trop déçu) car je ne suis pas une « pro » : je donne tout simplement mon ressenti et j’espère qu’il ne relèvera pas trop de maladresses (l’angoisse!).
A bientôt pour le prochain livre…

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