Un tableau neigeux
Manuel Benguigui

Mercure de France
collection bleu
mars 2018
144 p.  14,80 €
ebook avec DRM 10,99 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu

Voici un roman qui me fait penser à du Queneau que l’on aurait croisé avec du Labiche (à notre époque, tout est possible!) Si vous aimez les histoires un peu déjantées, les hasards hautement improbables, les coïncidences folles, les aventures rocambolesques, alors, vous allez vous régaler !
 Edwin qui s’est fait larguer par sa nana, il y a de cela sept ans, vivote comme gardien au musée de la chasse de Migaud-sur-Marne, emploi que les services sociaux ont eu la gentillesse de lui trouver depuis qu’il a mis le feu à sa maison et que l’envie de tout brûler le démange de plus en plus souvent.
Invité par son ami Edgar, photographe pour des magazines de mode, Edwin se retrouve à errer dans un magnifique loft tout blanc de Manchester pendant que le copain prend tranquillement ses clichés. Il déambule gentiment d’une pièce à l’autre et l’on se demande à quel moment il va mettre le feu au joli logement lorsque son attention est attirée par la vision d’un tableau blanc sur lequel il voit apparaître des taches « comme une chaîne d’hommes marchant les uns derrière les autres ».
De tableau, en réalité, il n’y en a pas : c’est juste ce qu’il voit à travers la baie vitrée, à savoir la brume épaisse de Manchester, qui lui suggère cette vision…
Poursuivant toujours son errance, il passe devant un mur chargé de tableaux (des vrais, ceux-là), il en met un dans sa poche. Un petit tableau flamand qui doit coûter plus d’un bras.
Et à partir de ce moment-là, va débuter une espèce de folle course-poursuite mettant en scène Foxtrot, le propriétaire du petit tableau, Denise, sa femme, Boniface, leur domestique, Blandine, une galeriste devenue l’amante d’Edwin et un expert en art, M. Benningson. Edwin recherche dans tous les musées de Paris un tableau blanc qui n’existe que dans ses pensées tandis que tous les autres lui courent plus ou moins après pour récupérer celui qu’il a dans sa poche.
C’est complètement dingue et un brin absurde : Zazie dans le métro greffé sur Un chapeau de paille d’Italie : courses insensées et ludiques, filatures indiscrètes et quiproquos à gogo.
L’écriture de Benguigui, alerte et malicieuse, crée un récit rythmé, enlevé.
Maintenant, j’ai trouvé que tout ça tournait un peu en rond…
Dommage.

LIREAULIT http://lireaulit.blogspot.fr/

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