L'embellie
Audur Ava Olafsdottir

Traduit par Catherine Eyjólfsson
Points
août 2012
395 p.  7,90 €
ebook avec DRM 9,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu
coup de coeur

Le coup de cœur de Pascale Frey

Après les « page turner » (des livres dont on ne peut s’empêcher de tourner les pages frénétiquement), on parle aujourd’hui de « feel good book ». Pourquoi recourir à l’anglais ? Parce qu’il faut bien reconnaître que ces trois mots sont plus percutants que « les livres qui nous font nous sentir bien »! Tout cela pour vous dire que le roman d’Audur Olafsdottir, « L’Embellie », est à la fois un « page turner » et un « feel good book »! Il a paru l’automne dernier, et poursuit sa carrière auprès des lecteurs, suivant le même chemin que « Rosa candida« , publié il y a trois ans.

L’intrigue est originale, puisqu’en quelques jours, une femme apprend :

1. que son mari la quitte (sans oublier d’emporter le toaster et les guirlandes de Noël) car il attend un enfant avec une autre,

2. qu’elle a gagné à la loterie un chalet d’été en kit. Elle peut l’installer où elle veut dans le pays et, comme par hasard, va choisir le terrain face à la ferme de son enfance…

3. selon toute improbabilité, elle est aussi l’heureuse bénéficiaire de quelques millions de couronnes remportés au loto (il lui est difficile de résister ? aux tickets que des nécessiteux ou des pompiers lui vendent)…

4. et d’un enfant, elle qui n’en voulait pas. Ce petit Tumi, qui entend mal et voit guère mieux, est le fils de sa meilleure amie, hospitalisée pour risque d’accouchement prématuré.

Tout cela paraît loufoque ? Ça l’est, on confirme ! Que cela soit crédible ou pas n’a strictement aucune importance, car dès les premières pages, on tombe sous le charme de ce duo improbable qui s’embarque sur l’unique route du pays (une sorte de 101 version islandaise), pour rejoindre le village natal de la narratrice. Comme l’intrigue se situe en novembre, la nature, la nuit et les éléments (beaucoup de pluie et de brouillard) servent de décors à cette ballade. Cela pourrait être cauchemardesque, c’est au contraire très joyeux, car ces deux personnages hors normes sont habités par une sorte de gaieté, même si en filigrane, une gravité apporte un autre éclairage au récit. Lorsqu’on lit Audur Olafsdottir, on a l’impression de la voir sourire. Tout le monde sait que le sourire est contagieux, alors il ne reste plus qu’à trouver une expression française (ou islandaise) pour le « feel good book… »

 

partagez cette critique
partage par email