Dame en rouge sur fond gris
Miguel Delibes

Editions Verdier
litt espagnole
novembre 1998
125 p.  12,98 €
 
 
 
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coup de coeur

Hommage à l’aimée disparue

Le narrateur, peintre de grande renommée, sombre dans l’alcool et la dépression depuis la maladie et, surtout, la mort de sa femme.
Dans un long monologue adressé à une de ses fille nouvellement sortie des geôles de Franco, il raconte sa muse, sa femme, , son amour, eux, leurs vies, le franquisme.
Avec ses mots, Miguel Delibes, prend la place du peintre, à moins que ce ne soit l’inverse, sur fond de famille, de franquisme, de bonheur malgré les malheurs, puis sur le fond gris du deuil, il peint l’aimée, l’adorée, celle qui « par sa seule présence allégeait le poids de la vie ».
Les regrets de ne pas avoir dit combien il l’aimait, combien elle était primordiale pour lui « Mais un jour, elle, elle n’est plus là, il devient impossible de la remercier d’avoir resserré le bouton de la chemise et, subitement, cette attention ne te semble plus superflue ; elle devient quelque chose d’important. ».

Le tableau qui donne le titre au livre n’est pas de lui, mais d’un autre « Alors oui, alors j’ai ressenti de la jalousie pour ce tableau, pour ne pas avoir su le peindre moi-même, parce qu’ c’était un autre qui l’avait saisie dans toute sa splendeur. »
Ce tableau qu’il n’a pas su peindre, ce qu’il n’a pu saisir par le pinceau, le narrateur nous le donne par les mots.
« Puisque la mort est inévitable, n’est-ce pas mieux ainsi ? »
La mort a cueilli son amour avant qu’elle ne se flétrisse, avant que la maladie ne l’ait abimée. C’est tout le thème de son long et beau monologue.

Ce livre est un hommage vibrant. Il côtoie l’intime, l’universel et le sublime. Miguel Delibes dessine le portrait de l’aimée, de l’Espagne, avec son récit. Un plume admirable pour un pinceau tout en douceur. Un chant d’amour, un hymne à la femme aimée
Un superbe livre intime ; une écriture comme je les aime. Dominique Blanc, le traducteur a fait du travail d’orfèvre.
Un coup de cœur.
Une fois de plus, les éditions Verdier m’ont régalée. Dommage que je doive rendre le livre à la bibliothèque.
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