critique de "La Saison des feux", dernier livre de Celeste NG - onlalu
   
 
 
 
 

La Saison des feux
Celeste NG

Sonatine
avril 2018
384 p.  21 €
ebook avec DRM 14,99 €
 
 
 
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Des vies de femmes

Tout m’a plu dans ce roman, je me suis un peu méfiée du titre, mais non, pas de mièvrerie ni dans l’écriture, ni dans la traduction.
Beaucoup de sujets sont abordés : l’adolescence, le pouvoir des femmes, la vie en société, le désir fou d’enfant, l’abandon à la naissance par nécessité, mère porteuse, bref des vies de femmes . Les hommes aussi sont présents dans ce roman , mais en demi-ton.
Une lecture qui peut sembler légère , mais avec beaucoup de fond et de réflexion.

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Bien que ce roman soit publié aux excellentes Editions Sonatine, spécialisées dans les polars, il n’y a ni meurtre ni disparition suspecte dans ce livre. Pas d’intrigue à proprement parler.

Et pourtant, il nous tient en haleine.

Tout commence doucement : une jeune femme, Mia, accompagnée de sa fille adolescente Pearl, emménage dans la banlieue riche et très aseptisée de Cleveland. Mia loue le second étage d’une maison à la riche famille RICHARDSON. Le père est un avocat associé dans un grand cabinet, la mère Elena est journaliste pour le journal local. Elle a revu ses ambitions de carrière à la baisse, préférant s’occuper de ses 4 enfants aujourd’hui adolescents.

Si vous voulez avoir une image précise de cette banlieue chic, revisionnez « Desperate House Wives. » Tout est propre, les jardins impeccables. D’ailleurs des règlements de copropriétés décident de tout : couleurs des maisons, hauteur de la pelouse etc….

Elena est intriguée par Mia qui est une artiste-photographe, ne restant jamais trop longtemps dans une ville, toujours accompagnée de sa fille, et cumulant les petits boulots alimentaires.

Mais quand un événement médiatique va toucher de plein fouet la meilleure amie d’Elena, cette dernière va soupçonner Mia d’y être pour quelque chose. La journaliste qu’elle est va enquêter sur le passé de la jeune femme, mettant à jour une histoire bien inattendue.

Comme je vous le disais, pas de meurtre mais un questionnement sur la GPA (légale aux Etats-Unis), l’adoption d’un bébé étranger. Céleste NG y mêle intimement la vie de ces adolescents qui ressentent les balbutiements de l’amour, la découverte de la sexualité ainsi que la révolte envers les parents qui ne sont pas toujours en empathie avec leurs ados.

Excellent roman qui a valeur de peinture sociale de cette tranche de la société américaine.

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coup de coeur

des feux couvants …

Ce roman je l’ai abordé avec l’empreinte de ma lecture précédente « Le gang des rêves », je me retrouve ici aux USA bien des années plus tard dans une ville banlieue Shaker Heights , un quartier bien différent de ceux de NY dans les années vingt…

L’histoire commence alors que la maison de la famille Richardson est en feu. Qu’est-il arrivé ? Qui à mis le feu au foyer des Richardson ?

Une partie de la famille est ici la mère et trois enfants sur les quatre de la famille…

L’auteure Celeste Ng (comment se prononce ce nom ? …) va alors remonter le fil de l’histoire de cette famille pour nous faire comprendre pourquoi cette maison est en feu.

L’auteure va s’attacher alors à nous décrire la vie dans cette banlieue riche en nous dressant un portrait social de la famille des Richardson composée d’un couple marié et de 4 enfants : Lexie, Tripp, Moody, Izzy et de celui d’un foyer monoparental,composée de Mia et de sa fille Pearl .

Mia et Pearl sont les locataires de la famille Richardson et également Mia devient également leur employée de maison.

Deux foyers très différents dans leur fonctionnement, mais ces deux univers vont s’interpénétrer essentiellement par l’intermédiaire des relations avec les enfants.

Chacun des enfants découvrant chez les autres des façons de fonctionner différentes.

On a d’un côté un modèle familial établit comme le meilleur, sans histoires… en apparence.

J’ai aimé cette histoire où les univers de chacun se découvrent. Les codes sont différents et s’entrechoquent aussi créant des étincelles et alimentant des rancœurs et des incompréhensions aussi. Des visions de la vie différentes …

Par l’intermédiaire de Mia, la vie bohème, le monde de l’art, s’invitent dans une façon de vivre et de penser.

Que ce soit Pearl dans la famille des Richardson, ou Izzy dans la famille de Mia tous apprennent, tous s’ouvrent à d’autres façon de faire que celles qui ont cours dans leur quotidien.

Tout va a peu près bien jusqu’à ce qu’une enfant abandonnée et recueillie par la meilleur amie de Mme Richardson soit réclamée par sa mère biologique Bebe, collègue et amie de Mia.

S’en suit une  » sorte  » d’enquête qui va pousser les personnages dans leurs retranchements et leurs secrets…

Les différents portraits dressés par Céleste Ng sont très bien mis en avant. C’est avant tout les liens maternels qui sont disséqués ici. Du côté des enfants mais aussi entre mères.

L’univers des adolescents est également très bien décrit et les relations entre les membres de la fratrie Richardson sont riches d’enseignements.

Et puis le travail de Mia en tant qu’artiste photographe apporte une belle leçon de poésie à la vie et à la façon de la voir. La photo d’art est mise à l’honneur dans ce livre de bien belle façon.

Une très bonne lecture que j’ai vraiment appréciée,
une belle découverte pour moi qui n’avait jamais encore lu cette auteure.

Un livre que je vous invite fortement à découvrir,
pour rentrer au cœur des foyers de cette banlieue américaine.

Là où couve les feux, là où en apparence, tout semble si tranquille, un peu trop peut-être… Je vous invite à faire la connaissance de ces personnages,essentiellement féminin au cœur de cette histoire.

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coup de coeur

Il y a feux et feux : le feu de l’incendie qui débute l’ouvrage – les feux de l’amour ou de la passion– la braise qui couve sous les feux – les feux de la haine – les feux des manifestations – les étincelles sous les feux qui ne demandent qu’à se rallumer….
Voilà de retour Céleste Ng pour son second roman « La Saison des feux » que The New York Times a jugé comme : « Encore plus ambitieux et accompli que son premier roman ». Cela est donc bien prometteur et on plonge dans ces pages flamboyantes. », « Un roman qui met le feu à la littérature américaine. »

Mais ici, il y a aussi des femmes, beaucoup de femmes, des adolescentes, leurs mères, des amies, des femmes riches (bien établies dans la société), d’autres pauvres (qui triment pour joindre les deux bouts et tenter d’avoir une vie un brin décente).
On trouve également quelques garçons, amis des jeunes filles en fleur et en proie à leurs premiers émois, en bute avec les adultes, leurs parents.

L’histoire se déroule à Shaker Heights où arrivent Mia Warren (passionnée de photographie) et sa fille Pearl (quinze ans), qui ont eu jusqu’à présent une vie nomade et pensent pouvoir enfin s’installer dans cette ville avec ses nombreuses règles, « de nombreuses règles, qui régissaient ce que vous pouviez et ne pouviez pas faire » (page 20. Des règles qu’elles découvrent rapidement et d’autres par la suite car « A Shaker Heights, il y avait un plan pour tout ». (page 21).

C’est dans ce contexte que Pearl va évoluer, se faire quelques amis avec Izza, Lexie, Moody, Trip…
Dans cette riche et tranquille banlieue de Cleveland, un mystère s’installe au sujet de Mia Warren mais un autre également sur une adoption, celle de Mirabelle.

Les relations amicales au début, vont finir par être tendues. Le mystère autour de Mia et de la naissance de Pearl prend beaucoup de place. Mais il arrive bien d’autres soucis tragiques pour tout le monde.

Ce roman est certes une comédie de mœurs et « quand le voile des apparences ne peut être brisé, il faut parfois y mettre le feu ».
A première vue ce n’est pas un thriller mais il y règne bien du suspense avec cette galerie de portraits de femmes toutes plus émouvantes les unes que les autres. Chacune a son petit (ou grand) secret.
L’intrique est très bien menée – on entre dans la plus grande intimité des personnages (il n’y a qu’à pousser la porte) – on assiste à quelques passages comiques (par exemple les farces des jeunes gens lorsqu’ils trouvent une façon radicale de bloquer les cent vingt-six portes de leur école en moins de dix minutes : un record).

Mais il y a plus grave : une grossesse inattendue et traumatisante – le pays enflammé par des manifestations, des émeutes un peu partout (« En 1968, à quinze ans, elle avait allumé la télévision et regardé le chaos enflammer le pays comme un feu de broussailles. Marthin Luther King Jr., puis Robert Kennedy. Des étudiants en révolte à Columbia. Des émeutes à Chicago, Memphis, Baltimore, Washington – partout, partout, les choses allaient à vau-l’eau. Et au fond d’elle, couvait une étincelle, une étincelle qui s’embraserait des années plus tard en Izzy. (…) Des images granuleuses, mais néanmoins terrifiantes : des épiceries en feu, de la fumée s’élevant de leur toit, des murs réduits à des poutres par les flammes. » page181) – l’imbroglio causé par Lexie qui se fait avorter en donnant comme nom celui de Pearl qui se retrouve dans le pétrin et dont la mère, Mia, décide qu’il faut fuir cette ville alors qu’elle commençait un grand amour avec Trip et croyait avoir enfin trouvé La Terre Promise…

Un roman de femmes sur des vies de femmes si différentes mais soudées et j’ai pensé à la chanson de Julien Clerc (avec aussi comme parolier Jean-Loup Dabadie) : « Femmes, je vous aime », dont j’ai extrait quelques lignes, par ci par là :
♫♫♫♫ « Quelquefois si douces / Quelquefois si dures / Que chaque blessure / Longtemps me dure / Je n’en connais pas de faciles / Je n’en connais pas de fragiles / Et difficiles / Quelquefois si drôles / Quelquefois si seules . » ♫♫♫♫

Céleste Ng rend donc un bel hommage à toutes les femmes dans ce roman intimiste, aux relations mère/fille si touchantes et où le feu aux poudres se déclenche facilement. « La Saison des feux » qui parle bien ainsi de l’apparence si trompeuse des banlieues que l’on croit tranquilles et riches en les explorant sous leur surface.
Quant aux feux, ils brûlent partout dans cet ouvrage où la plus petite étincelle peut enflammer un quartier avec divers événements tragiques et importants dans l’Histoire de ce pays. D’ailleurs l’auteure en profite pour faire une critique sociale et avec ce roman elle confirme son talent grâce à son audace.

Paula Hawkins a écrit que c’est : « Une merveille ».
Le New York Magazine lui, a un peu plus détaillé avec : « Le roman de Céleste Ng sur les tensions entre classes sociales est un drame bien calibré pour faire des étincelles ».

Et croyez-moi, on trouve tout au long de la lecture ces fameuses étincelles. Il suffit de tourner les pages en essayant de ne pas se brûler les doigts.

Au final, « Un magnifique portrait de femmes poignantes. Un roman qui se lit comme un thriller et qu’on ne souhaite pas lâcher ! » (Anne-Charlotte / Librairie Cheminant).

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coup de coeur

Passionnant

« Cette histoire te rendra toujours triste. Mais ça ne signifie pas que tu aies fait le mauvais choix. C’est juste un fardeau que tu devras porter. »

Le roman débute sur l’incendie d’une maison, alors que ses occupants, regroupés sur la pelouse, contemplent le désastre. Les Richardson vont devoir se trouver un endroit où vivre, le temps de réparer les dégâts. A rebours, alors, on fait connaissance avec cette famille très comme il faut, image idyllique de la vie de banlieue cossue. Pas n’importe quelle banlieue, d’ailleurs, Shaker Heights, Ohio, est tissée de règles, que ses riches habitants respectent avec docilité et respect. C’est là que Mia et sa fille adolescente Pearl ont décidé de poser bagages, rompant ainsi leur vie itinérante. La confrontation de leur mode de vie avec celui des Richardson va provoquer des étincelles… Un roman addictif qui tient les promesses de son bandeau : Hypnotique, intelligent et brillant, rien de moins, mais pas exagéré pour une fois. On y suit avec grand plaisir les méandres des psychismes de très beaux personnages féminins et chaque page tournée contribue à un suspens qui nous tient en haleine. Beaucoup aimé !

« Pour un parent, un enfant n’est pas une simple personne : c’est un endroit, une sorte de Narnia, un lieu vaste et éternel où coexistent le présent qu’on vit, le passé dont on se souvient et l’avenir qu’on espère. On le voit en le regardant, superposé à son visage : le bébé qu’il a été, l’enfant puis l’adulte qu’il deviendra, tout ça simultanément, comme une image en trois dimensions. C’est étourdissant. Et chaque fois qu’on le laisse, chaque fois que l’enfant échappe à notre vue, on craint de ne jamais pouvoir retrouver ce lieu. »

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