critique de "Clientèle", dernier livre de Cécile Reyboz - onlalu
   
 
 
 
 

Clientèle
Cécile Reyboz

Actes Sud Editions
janvier 2018
208 p.  19 €
ebook avec DRM 13,99 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Clientèle

Je ne connaissais pas cet auteur, mais avec Actes Sud pas de mauvaises surprises .
Effectivement j’ai été agréablement surprise par cette lecture.
Une avocate raconte ses débuts de contacts avec ses futurs clients.Elle est spécialisée dans le droit du travail, et les licenciements souvent jugés abusifs par les plaignants sont son quotidien.Elle essaie toujours de leur faire raconter l’essentiel , les détails sont pour plus tard ,et le chagrin ressenti par ces hommes et femmes en détresse est souvent profond. L’avocate emploie toujours le « nous » pour décrire ces entretiens.
Mais , en miroir , elle raconte aussi sa propre vie après le travail , pas folichonne non plus, elle est surtout moins sure d’elle que ne pourraient le penser ses clients.
D’ailleurs parfois elle nous propose un brouillon de lettre qu’elle a l’intention d’envoyer à un thérapeute, lettre assez longue au départ, où elle explique son problème, et qui se terminera quasiment en lettre administrative afin d’avoir un rendez-vous.
L’auteur est avocate , ce qui explique certainement la justesse de ton de son livre.

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coup de coeur

« Il est beau, cet homme, nous étions sous le charme de son élocution précise et douce, mais cette manie de ne pas répondre nous fait suspecter une mauvaise foi qui le rend aussi moche qu’un autre. »

Avocate. Spécialisée en droit du travail. Un grand fils (qui l’inquiète), une fille idéale ado (qui n’existe pas), un amoureux avec qui elle décrypte les bars, restaurants et boites parisiennes. Voici la vie de cette narratrice, appelons-la « maître », qui use du pluriel pour se raconter (le fameux nous de majesté). Ce faisant, avec une langue précise et très vite enthousiasmante, elle nous livre des petites pépites d’humanité et c’est peu dire qu’on en redemande, stupéfaits de se sentir tellement victorieux à l’obtention d’un renvoi de procès de deux mois seulement (l’angoisse du « trop beau » dossier), ou très émus de la belle leçon offerte par un peintre en bâtiment analphabète. Le quatrième roman de Cécile Reyboz, que je lis pour la première fois, fait partie de la très rare catégorie de ceux qui vous happent progressivement d’une main très sûre et implacable, ceux qui font dire « encore une page » avant « juste un chapitre de plus », sans que l’on puisse jamais les reposer. D’une justesse parfaite.

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