Seules les bêtes
Colin Niel

Editions du Rouergue
janvier 2017
211 p.  19 €
ebook avec DRM 8,49 €
 
 
 
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Seules les bêtes

Les Edts du Rouergue sont les championnes des « bons terroirs » ; et effectivement , en ce sens , ce roman débute sous les meilleurs auspices .
Sauf que, partant de la disparition d’une femme dans des causses froids et enneigés, on se retrouve au cœur de l’Afrique chez des « brouteurs », jeunes hommes qui appâtent des mâles blancs en particulier, en se faisant passer pour de ravissantes jeunes femmes dans le besoin.
Mais dans ce roman , on ne glisse pas en douceur d’un univers à l’autre, 5 personnages, 5 gros chapitres, 5 univers différents , sur Kinddle, mieux vaut ne pas s’absenter trop longtemps, sous peine d’y perdre le fil.
Après lecture, l’histoire en totalité se tient et est même crédible, mais sur la forme, seule la première partie m’a intéressée.

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coup de coeur nuit blanche

All you need is love…

J’ai rarement lu un livre en m’interrogeant autant sur le rapport entre son contenu et… sa couverture…
Et pour cause : nous sommes dans un paysage montagneux et désolé de causses, du côté du Massif Central sans doute. Ici et là quelques fermes, certaines sont abandonnées, d’autres ne le sont pas encore mais on sent que c’est pour bientôt, quelques-unes sont transformées en résidences plus que secondaires.
Restent au pays quelques agriculteurs qui s’accrochent à leurs bêtes et à leurs terres. Leur travail est dur : s’occuper des bêtes signifie être disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pas de week-ends, pas de vacances… Et quand l’hiver est là, c’est encore pire.
Un agriculteur se suicide tous les deux jours en France : ça doit vouloir dire quelque chose non ?
Bien sûr, les paysages dans ces coins-là sont magnifiques mais il n’y a pas grand monde pour les admirer. Si, peut-être Alice, l’assistante sociale, chargée de rendre visite aux fermiers sur le point de décrocher et de se pendre à la poutre maîtresse de leur étable. Elle a bien remarqué que le gars Joseph Bonnefille, éleveur de deux cent quarante brebis, là-haut sur le causse, sans femme ni enfants, ne parlait plus qu’à ses bêtes, ne mettait plus un pied hors de sa ferme. Cette année, il n’a pas fané et ses bêtes divaguent. C’est mauvais signe. La mairie a prévenu Alice. Elle est allée lui rendre visite, pour causer un peu, l’aider dans ses papiers. Elle sait parler aux agriculteurs. Son père avait une ferme qu’elle a reprise avec Michel son mari. Elle a toujours baigné là-dedans. Elle n’a pas franchement eu le choix non plus. Quant à Michel, s’il prenait la femme, il prenait la ferme, à moins que ce ne soit l’inverse…
Or, depuis quelques jours, on parle d’une disparition dans le pays. Une femme. Évelyne Ducat. Volatilisée. L’épouse d’un homme d’affaires originaire de la région. Il est parti puis revenu. Mais il travaille encore à l’étranger. Alors, comme sa femme se plaît dans le coin, elle y reste pour respirer un peu. Ça la change de la ville. L’air pur, ça fait du bien. Alors, elle randonne, elle prend l’air. Le problème, c’est qu’on a retrouvé sa voiture mais pas elle.
Les gens du coin ont leur petite idée sur la question, ils savent qui est responsable de tout cela : la tourmente. « La tourmente, c’est le nom qu’on donne à ce vent d’hiver qui se déchaîne parfois sur les sommets. Un vent qui draine avec lui des bourrasques de neige violentes, qui façonne les congères derrière chaque bloc de roche, et qui, disait-on dans le temps, peut tuer plus sûrement qu’une mauvaise gangrène. »
Il y a déjà quelques années deux enseignantes avaient péri de froid à cause de cette tourmente. Alors, Évelyne Ducat, c’est certainement une victime de plus…
Comme j’ai aimé ce livre qui parle des gens, de ce qu’ils sont, de leur solitude, de leurs angoisses, de leur folie, de leurs rêves, de leur besoin d’amour pour vivre et être heureux ! « All you need is love » chantaient les Beatles… Et ils voyaient juste ! La tourmente est dans les cœurs et dans les âmes. On assiste à de belles tempêtes sous un crâne dans cette œuvre.
J’ai trouvé ce roman très juste, très réaliste : les personnages sont saisissants de vérité. On partage leurs émotions, leur solitude, leurs craintes. Ils sont touchants, terriblement humains.
Quant à la construction : waouh ! Alors là, franchement, BRAVO ! Tout est parfaitement ficelé jusqu’au bout ! Et on ne voit rien venir. On va de surprise en surprise. Difficile de poser le livre avant la fin tellement on est happé par l’intrigue.
Vraiment, chapeau ! Un vrai bon polar comme je les aime. Surtout ne passez pas à côté !
Et puis, au fait, il y a bien un lien entre le roman et sa couverture mais… chut…
A lire absolument !

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coup de coeur

A lire absolument

On est en montagne et ici c’est le domaine des brebis. Alice, la première narratrice, est assistante sociale. Elle visite souvent les éleveurs, les aide le mieux possible à obtenir toutes les subventions auxquels ils ont droit, assure un lien et une présence. Parce qu’avec les brebis, c’est la solitude qui règne aussi. Un pays difficile, surtout l’hiver, la légende de « la tourmente », ce vent d’hiver qui se déchaîne parfois sur les sommets, est dans toutes les têtes. Une femme disparaît. Chacun leur tour cinq narrateurs vont reconstituer le mystère, nous entraînant non seulement sur des pistes différentes mais surtout dans des atmosphères aux antipodes. Une claque ! Il est totalement impossible d’anticiper quoi que ce soit et la plume de Colin Niel est magistrale : elle insuffle une vie incroyable à chacun des univers qu’il propose et semble lancer des ricochets de narrateur en narrateur, tous plus parfaits les uns que les autres.

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nuit blanche

Suspens garanti

Un roman de saison, il débute en hiver dans les Causses. Il fait froid, il a neigé, la Tourmente souffle.
Une femme, Evelyne Ducat a disparu. On ne parle que de ça au village.

Alice ne fait pas attention à l’information qui circule, trop occupée à vouloir voir Joseph. Elle est assistante sociale, elle s’éloigne petit à petit de son mari, et, l’impensable est arrivé. Elle voit régulièrement Joseph qui est devenu son amant.

Joseph, un agriculteur, devenu dépressif depuis le décès de sa maman. Il vit isolé dans un coin des Causses avec seules ses bêtes qui lui apportent un peu de vie.

Les conditions sont difficiles pour ces agriculteurs. Nous sommes dans un roman rural, dans un roman choral en cinq actes.

Tour à tour cinq personnages nous présenteront leur vision de l’histoire : Alice, Joseph, Maribé, Armand et Michel.

Cinq personnes ayant en commun une solitude. La Tourmente souffle, c’est le vent qui crée de belles tempêtes, une légende colportée par les anciens nous dit que la Tourmente serait responsable de la disparition de personnes… Qu’en est-il ici ? Quel lien entre cette disparition et nos protagonistes ?

L’écriture est vive, chaque version s’imbriquera l’un à l’autre. La tension est palpable depuis le départ et croyez-moi, Colin Neil la fera gonfler et vous emmènera bien loin d’où vous pensiez aller.

C’est un maître des retournements de situation.

On se pose des questions, mais où veut-il nous emmener ? Soudain tout s’éclaircit, et puis non en fait.

Superbe thriller, j’ai adoré.

Vous voulez en savoir plus ? une seule chose à faire, lisez-le, vous ne serez pas déçu.

C’est pas loin du coup de coeur

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Dans le temps, les vieux disaient que ton ombre, c’était l’image de la mort. Comme un double de toi qui s’accroche à tes pas et qui te quittera le jour où tu seras sous la terre.

On aurait dit que la nouvelle année qui s’approchait, les gars l’attendaient avec impatience, comme s’ils croyaient vraiment qu’elle allait être mieux que celle qui finissait. Comme si ce monde meilleur, plus solidaire, plus équitable, qu’ils pensaient être en train de construire, il avait une chance d’émerger un jour. Leur utopie en ligne de mire, toujours en tête malgré les mille contradictions qu’ils s’employaient avec force à minimiser.

Elle avait un truc que jamais je n’ai retrouvé chez personne, une manière de me faire croire à la vie, au bonheur, à l’amour, à tous ces idéaux après lesquels je n’ai cessé de courir.

Au fond, je me demande même ce que ça veut dire ce mot : exister.

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