Andrus Kivirähk
Attila
lupin
janvier 2013
421 p.
 
 
 

Librairie et curiosites Illustration  IB IL IL

 

Ici la curiosité n’est pas un vilain défaut, au contraire. « Avoir une librairie dans laquelle on n’a pas peur de rentrer et où on a envie de rester, pour chercher, se poser, regarder,  toucher». Voilà quel était le rêve de Catherine Le Pape quand elle a créé « Librairie et curiosités » il y a quatre ans déjà. Cette jeune femme, fraîchement sortie des beaux arts de Quimper, a conçu ce lieu bourré de charme comme un cabinet de curiosités, articulé entre lectures et peintures. Une salle d’exposition est entièrement dédiée aux artistes qu’elle présente tous les mois.  En plus de ce goût pour les jolies choses, cette libraire trentenaire cultive aussi celui de s’amuser en toute liberté en ne proposant que ce qu’elle aime. C’est ainsi qu’elle conçoit son métier en affirmant ses choix et partageant ses passions. Quand vous poussez la porte de son enseigne, il y a une forte probabilité que vous repartiez avec ce que vous ne cherchiez pas, avec le bonheur en plus de s’être laissé agréablement surprendre. Bien plus qu’une profession, être libraire est pour Catherine Le Pape une chance, celle des rencontres dont elle s’enrichit chaque jour. Son énergie et son enthousiasme sont communicatifs et nous nous régalons de ses conseils de lecture  pointus où, sans répondre forcément au feu de l’actualité, elle remonte dans le temps pour nous parler des livres qu’elle a aimés.

Quel est le roman français qui vous a particulièrement plu ces derniers temps ?
Mon immense coup de cœur est « Le caillou » de Sigolène Vinson (Le Tripode). Ce livre a été publié l’an passé mais quand on a aime, le temps ne compte pas. Ce roman profondément émouvant raconte l’histoire d’une femme dépressive qui vit seule et rêve de devenir un caillou, pour être à la fois forte et lisse. Elle rencontre un homme sur son palier et part sur ses traces en Corse après son décès. C’est un livre où on sent la fragilité et l’intensité des personnages. Et qui laisse apercevoir la lumière au bout du tunnel. Très beau.

Et du côté de la littérature étrangère ?
C’est un premier roman, un pavé de 900 pages, « La maison dans laquelle » de Mariam Pétrosyan (Monsieur Toussaint L’Ouverture). L’histoire de jeunes enfants qui vivent en communauté dans une sorte de pensionnat. Ils y sont regroupés selon leurs traits de caractère, qu’ils soient mutiques, méchants, sombres, instables, bétisards…On découvre au fur et à mesure leurs handicaps ou leurs singularités et on les suit dans l’exploration de la vie au sein de cette étrange maison. C’est une histoire où l’imaginaire prend toute sa place et où ces enfants font leur loi. Comme une guerre des boutons moderne. C’est un texte très surprenant et extrêmement bien écrit.

Y a-t-il un premier roman qui vous a particulièrement marquée ?
En dehors de celui que je viens de vous citer, j’ai été très touchée par « La maladroite » d’Alexandre Seurat (Le Rouergue). Ce livre est sorti en août dernier et aborde avec justesse tous les malentendus, les incompréhensions autour du sujet très sensible de l’enfance maltraitée. Un roman qui fait réfléchir et qui nous amène en conscience à nous interroger sur les décisions que l’on aurait soi-même prises en étant confronté à un tel drame.

Quel est le roman le plus emblématique de la librairie que vous défendez avec ferveur ?
« L’homme qui savait la langue des serpents » de l’auteur estonien Andrus Kivirahk (Attila). C’est son premier livre à être traduit en France et dans son pays c’est un écrivain culte. Ce texte a priori avait tout pour ne pas me plaire, à cause des serpents et du Moyen-âge… Et pourtant c’est une histoire qui m’a totalement séduite, une véritable pépite à la fois fantastique, philosophique et politique. Il y a tout dans ce roman.

Quel livre nous conseillez-vous pour l’arrivée des beaux jours ?
À nouveau je remonte dans le temps, un roman lumineux de l’automne dernier « Les Amygdales » de Gérard Lefort (L’Olivier). Des scènes de vie familiale croquées à travers le regard d’un enfant. Réjouissant.

Une brève de librairie :
J’en ai plein, tous les jours. Mais comme les histoires drôles, je me dis qu’il faut que je les note et je les oublie toutes à chaque fois.

Propos recueillis par Brigitte Lannaud-Levy
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Librairie et curiosités
1 rue Toul al Laer
29000 Quimper
09 82 32 84 11

 
 
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