Brady UDALL
10 X 18
avril 2011
544 p.  9,60 €
 
 
 


Illustration Brigitte Lannaud Levy

 Faire son marché hebdomadaire aux Halles est un rituel sacré pour les Niortais. Elles se situent dans un monument historique inspiré des pavillons Baltard. Juste en face,  on remarque une vaste façade graphique, c’est celle de la librairie des Halles. Installée depuis 2008 à son emplacement actuel, elle a été créée deux ans auparavant par deux passionnés : Olivier Barreau, dirigeant de Geste Editions et Stéphane Emond, libraire venu de La Rochelle. Ils se sont associés pour reprendre la librairie « Double page » qui avait fermé. Il l’ont déménagée, rebaptisée et ont confié sa direction aujourd’hui à Florence de Mornac qui nous reçoit. « Nous ne sommes pas là que pour vendre des livres. Ce qui nous anime avant tout c’est accueillir, échanger, défendre nos coups de cœur et être attractifs pour les jeunes en leur donnant envie de venir en librairie à notre rencontre».

Quel roman français nous conseillez-vous de lire en ce moment ?
« Écoutez nos défaites » de Laurent Gaudé (Actes Sud). J’ai trouvé que l’auteur avait franchi une véritable étape dans l’écriture avec ce dernier roman. C’est abouti et très érudit. Il nous offre là une belle histoire d’amour : la rencontre entre un agent des renseignements français en mission à Beyrouth et une archéologue irakienne.

Et du côté des romans étrangers ?
« Numéro 11. Quelques contes sur la folie des temps » Jonathan Coe (Gallimard). Je suis une fan inconditionnelle de cet auteur et cette suite du « Testament à l’anglaise » est tout simplement  merveilleuse. Mais j’aurais pu vous parler aussi de « Judas » d’Amos Oz (Gallimard), qui nous livre une vision de Judas toute autre que celle que nous avons et bouleverse totalement la version de l’église catholique sur ce personnage mythique.

À qui auriez-vous donné le Goncourt ?
À Laurent Gaudé, mais comme il l’a déjà eu, il ne peut pas l’avoir une deuxième fois. Je dirais donc « Le Garçon » de Marcus Malte (Zulma). Et même s’il a eu le Médicis, il l’aurait mérité, c’est un très beau livre.

Quel premier roman vous a particulièrement marqué ?
« Petit Pays » de Gaël Faye, c’est particulièrement réussi pour un premier roman. Bien qu’il aborde un sujet très lourd, celui du quatrième plus grand génocide de l’humanité, il le fait avec fraîcheur, à travers le paradis perdu de l’enfance qu’il teinte d’une douce nostalgie.

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie que vous défendez depuis avec ferveur ?
Des chouchous j’en ai plein. « Le jardin des Finzi Contini » de Giorgio Bassani que j’ai relu trois fois ou « les Buddenbrook » de Thomas Mann, un chef d’œuvre. Mais je vais m’arrêter sur un ouvrage plus récent et épatant : « Le destin miraculeux d’Edgar Mint » de Brady Udall (10/18).  L’histoire irrésistible et émouvante d’un enfant métis apache recueilli dans une famille de mormons. 

Brève de librairie
L’inoubliable souvenir de ma rencontre avec Jim Harrison. C’était un moment énorme avec un monstre sacré de la littérature américaine. C’est grâce à lui que je suis devenue libraire. On m’avait conseillé ses livres et j’ai adoré. Quand je l’ai rencontré lors d’un festival littéraire, il m’a raconté que sa fille était libraire, il m’a prise dans ses bras et là j’ai fait un très gros transfert. Je me suis engagée dans ma voie professionnelle actuelle.

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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La librairie des Halles
1 bis rue de l’Hôtel de Ville
79000 Niort
05 49 04 05 03

 
 
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