Isaac Bashevis Singer
Gallimard
folio
avril 2002
916 p.  12,80 €
 
 
 

L’utopie (Paris)

©Ill.Brigitte Lannaud Levy

« L’utopie est la vérité de demain », écrivait Victor Hugo. Voilà ce que l’on peut lire en grand quand on pénètre dans cette  chaleureuse et lumineuse librairie du quartier de la Nation à Paris. Pour Sandrine Ziri qui a repris cette enseigne il y a deux ans, cela résume parfaitement la mission qu’elle se donne de « transmettre le plus accessible des matériaux pour l’esprit afin de créer de la réflexion et susciter l’imagination ».

Elle vibre avec passion lorsqu’elle évoque sa librairie qui, pour elle, est « un monde en soi qui reflète parfaitement notre société dans sa diversité ». Les univers aussi différents qu’ils soient cohabitent harmonieusement.

Quand Bernard Emery a pris sa retraite après avoir créé cette enseigne il y a quarante ans, c’est une chance qu’il ait rencontré cette dynamique libraire qui a pris la suite tout en s’appuyant sur un collaborateur historique et très apprécié dans le quartier, Jacques Dufournet. C’est avec passion qu’il exerce son métier dans les lieux depuis dix-huit ans.  Sandrine Ziri fait de l’amabilité l’une de ses valeurs essentielles de sa pratique professionnelle. C’est en étant sympathique tout simplement que, selon elle, on est le mieux à même de créer un lien pour répondre aux attentes des lecteurs afin qu’ils se sentent bien, qu’ils se sentent compris.  Rencontre avec une « very feel good » libraire.

Quel roman nous recommandez-vous de lire ?
« Dans le faisceau des vivants » de Valérie Zenatti (L’Olivier). Elle était la traductrice et amie de l’immense Aharon Appelfeld décédé en 2017. Après sa disparition, elle part en Ukraine à Czernowitz, en ex-Roumanie,  sur ses traces pour renouer avec lui et nous offre un magnifique récit sur la vie sans lui , mais avec lui différemment. Ce n’est pas un livre triste, mais un récit pour apprendre à poursuivre le dialogue avec ceux qui nous ont quittés.

Et du côté des auteurs étrangers  que nous conseillez-vous ?
« Les mains vides » de l’Italien Valerio Varesi (Agullo). C’est un polar qui se passe à Parme. On suit l’enquête du commissaire Soneri après le meurtre d’un marchand battu à mort dans sa maison. On découvre les bas-fonds et l’histoire tourmentée de la ville où sévit une délinquance méconnue et plus subtile, celle des promoteurs véreux  sans scrupules.

Y a-t-il un premier roman qui vous a marquée ?
« À la ligne » de Joseph Ponthus  (La Table ronde), l’histoire d’un ouvrier intérimaire dont le quotidien brutal est transcendé par la poésie.

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie que vous défendez avec ferveur ?
« Ombres sur l’Hudson » d’Isaac Bashevis Singer. Un roman qui décrit parfaitement le 20e siècle.  À New-York, en 1947, on suit le destin d’une communauté de juifs de Pologne, rescapés de la Shoah. Il y a beaucoup de personnages et on y retrouve toute la palette des sentiments humains.

Quel livre vous êtes-vous promis de lire ?
J’en ai un dans mon sac que j’ai hâte de commencer : « Emerentia » de Corinna Bille  (Zoé). Il paraît que c’est génial. Ça ressemble à « La petite Fadette » , l’histoire d’une enfant dans la nature soupçonnée de sorcellerie. La couverture du livre sorti en poche est superbe.

Une brève de librairie ?
Un jour on me réclame un livre de TOEIC qui est un examen d’anglais. Phonétiquement j’ai entendu coït. Assez gênée, j’essaye de cibler la demande et la conversation vire à l’absurde.  Il y a aussi cette autre fois où un lecteur veut Twilight et j’indique les toilettes.  Mais les brèves que je préfère sont celles liées aux demandes des enfants qui sont toujours rigolotes. Du genre « je voudrais un livre avec une montgolfière rouge, car j’en ai rêvé ».

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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Librairie L’Utopie
307 rue du Faubourg Saint-Antoine
75011 Paris
01 43 73 69 17

 
 
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