LA CHAIR
Rosa Montero

Metailie
janvier 2017
190 p.  18 €
ebook avec DRM 5,99 €
 
 
 
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sur les rives de la soixantaine

Soledad atteint les rives de la soixantaine, chose difficile à accepter pour elle qui est une femme active, aimante et ne vivant que pour son travail.
Côté vie professionnelle, elle met en place une exposition sur les écrivains maudits. Les fils de ces auteurs s’entrelacent avec la vie de Soledad.
Côté vie privée, elle avait un amant, plus jeune qu’elle, qui l’a larguée parce que sa femme attend un heureux évènement, ce à quoi Soledad s’est toujours refusé. Elle achète les services d’un escort pour aller à l’opéra et rendre son ancien amant jaloux.
Soledad aime l’amour charnel pour la jouissance que cela lui procure et, surtout, la jouissance de se sentir vivante dans le désir de l’autre. Elle aime les hommes jeunes ne pouvant voir dans le partenaire la flétrissure de l’âge qu’elle se refuse tout en les scrutant sur elle dans son miroir

La chair est un roman sur l’amour charnel, la peur du vieillissement, de ne plus être au cœur de la vie, de la solitude, du travail, de la mort -Soledad est hypocondriaque- et, surtout, la peur du vide, du néant qui ramènent au passé. Mais Soledad, sera toujours Soledad, paradoxale à la fois mûre, égocentrique, passionnée, triste, incontrôlable. C’est là son plus grand charme.
Je n’en dirai pas plus à la demande express de l’auteur. J’ai moins apprécié le côté mystère qui ne m’a pas convaincue.
L’écriture de Rosa Montero , traduit par Myriam Chirousse, est tour-à-tour ensorceleuse, espiègle, tragique, lorsqu’elle parle de Soledad.
Je viens de redécouvrir un auteur qui ne m’avait pas emballée avec « Le roi transparent ». Je pense que je remonterai avec plaisir le cours de son œuvre.

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Tristes amours

Très déçue par ce roman alors que la présentation qui en a été faite me donnait le sentiment d’une réelle pertinence et d’une jolie narration. Tout commençait pourtant très bien avec une fort belle phrase d’introduction, mais par la suite, cela se gâte sérieusement.
Certes, Rosa Montero écrit bien, d’un ton alerte et je l’ai beaucoup appréciée dans son précédent roman. Mais ici, j’ai le sentiment qu’elle a voulu toucher du doigt trop de choses pour être finalement dans la confusion : la femme de 60 ans et le sexe (faut-il vraiment « payer » à cet âge pour jouir ?), les parents qui maltraitent et abandonnent leurs enfants, les gigolos russes, la mafia chinoise, la folie d’une jumelle et j’en passe … méli-mélo qui me laisse dubitative. J’ai souri quelques fois mais l’ensemble me paraît sinistre pour ne pas dire amer ou malsain. Il ne s’agit pas ici de liberté d’aimer mais de douleur de ne pas l’être. Et de difficulté à s’aimer soi-même.

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Un roman ébouriffant

« Ca m’apprendra à poser des questions, se dit Soledad. Ca m’apprendra à venir à des évènements comme celui-ci. Ca m’apprendra à parler aux gens. A sortir de chez moi. A quitter mon lit. A être vivante. Ou peut-être à ne pas l’être assez. »

En post-face, Rosa Montero s’adresse directement au lecteur, et lui exprime une demande claire : « Cher lecteur, j’aimerais te demander un service. La tension narrative de ce roman repose sur (…). C’est pourquoi je te prie de ne pas révéler (…) car, si on le raconte, le rythme et le mystère du texte tombent à l’eau. Un grand merci. » Et si elle a raison, et si bien évidemment je vais respecter son souhait, je dirais malgré tout que l’intérêt de ce roman n’est pas dans son histoire, sa tension narrative, son rythme ou son mystère : il est entièrement dans le charme de sa plume. Pour être honnête, j’ai trouvé l’histoire tout juste mignonne, le mystère éventé, la mule chargée et je ne suis pas fan des écrivains qui se mettent en scène dans leurs romans, il y a dans tout ça un côté factice qui m’indispose. Mais l’héroïne de « La chair » est une tornade à laquelle il est impossible de résister. Soledad Alegre rayonne et emporte totalement le lecteur dans son sillage. Soixante ans (fermes et lourds comme une sentence, comme elle dit), célibataire, sans enfants, elle organise des expositions artistiques et elle est imbattable dans son domaine. Celle qui l’occupe actuellement concerne les écrivains maudits, et le roman est émaillé d’exemples qu’elle envisage de mettre en scène de manière assez époustouflante (c’est un régal). Excentrique, survoltée, vivante et très attachante, elle se heurte au besoin d’amour sous toutes ses formes, ce qui l’entraîne dans une aventure échevelée.

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