Nos âmes la nuit
Kent HARUF

Traduction de Anouk Neuhoff
Robert Laffont
Pavillons
septembre 2016
180 p.  18 €
ebook avec DRM 12,99 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Coup de coeur

Lorsque la solitude devient lourde et le besoin de parler impérieux, Addie, 75 ans se rend chez son voisin Louis et lui demande de partager ses nuits, simplement pour être ensemble et égrener le fil des souvenirs, des bonheurs et des chagrins en partageant quelques heures de sérénité.
Même si cette démarche pour le moins inattendu déstabilise un instant le vieil homme, c’est très rapidement qu’il accepte.
Et peu à peu l’habitude s’installe, malgré les commérages des voisins, une sorte de bonheur paisible jusqu’à ce que les enfants s’en mêlent.

C’est avec beaucoup de pudeur et de sensibilité que Kent Haruf dépeint la renaissance de deux personnes qui au soir de leur existence pensent qu’elles sont passées à côté de beaucoup de choses.
Pour Addie l’envie de profiter de ses dernières années est tellement forte qu’elle décide de faire fi du qu’en-dira-t-on et de vivre chaque nouvelle expérience avec l’intensité des premières fois.
Les discussions et les confidences de la nuit deviennent des instants volés, des pépites de joie dans une existence jusque-là sans surprise.
Ce roman empreint de délicatesse montre qu’à tout âge, on peut choisir sa vie. Kent Haruf nous entraîne dans une belle histoire d’amour, nourrie d’une réflexion sur la liberté, magnifiée par la présence d’un enfant, le petit fils d’Addie qui fait preuve par sa malice et sa naïveté d’une émouvante complicité.
L’écriture simple, élégante, sans fioriture apporte un charme supplémentaire à cette parenthèse joyeuse et triste, comme la vie.
Un coup de cœur.

partagez cette critique
partage par email
 
coup de coeur

L’enfer, c’est les autres…

Un jour, Addie Moore, soixante-quinze ans, veuve, rend visite à son voisin Louis Waters, veuf lui aussi et pas très jeune non plus. Elle a quelque chose à lui demander. Une chose toute simple. Il fallait juste oser. Elle l’a fait. Souhaitait-il venir chez elle de temps en temps pour dormir avec elle ? Louis reste silencieux. Pas longtemps. Puis il accepte. « Et si je ronfle ? », « Alors vous ronflerez, ou vous apprendrez à arrêter. » Le lendemain, Louis se rend chez le coiffeur, se fait raser, mange léger, prend une bonne douche, se coupe les ongles des mains et des pieds, place son pyjama et sa brosse à dents dans un petit sac en papier et se rend chez sa voisine… C’est une très belle histoire qui commence, pas mièvre du tout, loin de là, pas simple du tout mais forte, puissante et qui nous prend vraiment aux tripes. Difficile de lire les dernières pages sans retenir ses larmes… Nos âmes la nuit est une œuvre empreinte de poésie et de sobriété qui évoque, sans gêne et, en même temps, avec beaucoup de pudeur et de douceur, le corps et la sexualité des gens un peu âgés, le regard des autres, les conventions, la solitude, la tendresse, la vie qui passe et dont il faut profiter. L’écriture dans son dépouillement et ses silences rappelle certains textes de Marguerite Duras. Elle acquiert parfois aussi une dimension théâtrale et l’absence de tirets ou de guillemets pour marquer les discours directs donne le sentiment que les paroles des protagonistes s’enchaînent très naturellement et avec une telle évidence que l’on sent naître entre eux une réelle et profonde complicité. Une histoire d’amour extrêmement touchante et lorsque l’on songe que ce livre est le dernier de Kent Haruf (1943-2014), on se dit qu’il s’agit là d’une jolie révérence et d’un bel hommage à la vie !

Retrouvez Lucia-Lilas sur son blog 

partagez cette critique
partage par email
 
coup de coeur nuit blanche

Une perle

Sonner chez son voisin et lui faire la proposition suivante « Je me demandais si vous accepteriez de venir chez moi de temps en temps pour dormir avec moi. », avouez que ce n’est pas banal. Et bien, c’est ce que fait Addie More, veuve depuis plusieurs années, à son voisin Louis Walters, veuf lui aussi. Elle ne lui a pas exposé sa demande de but en blanc, il y avait du trac, de la peur. Ce n’est pas une affaire de sexe, non, simplement, elle voudrait qu’il vienne dormir avec elle dans son trop grand lit pour discuter et passer le cap de la nuit. Addie pense que Louis « est un brave homme. Un homme bien » c’est pour cela qu’elle lui propose ce marché… Qu’il accepte. Pas facile de s’apprivoiser, alors un petit rituel se met en place. Elle boit un verre de vin et lui une bière. Cela ressemble au bonheur, à une bulle de bonheur. Dans cette petite ville, les rumeurs vont bon train, mais ils s’en moquent. Ils ne font pas ce que pensent les gens, ils parlent dans le noir avant de s’endormir, se racontent leur passé, leur mariage, la vie. Quand la file de Louis et le fils d’Addie paraissent, le cercle de famille ne s’agrandit pas, mais les ennuis commencent et la démission n’est plus loin. Arriveront-ils à faire comprendre à leur entourage cette peur de la solitude et le plaisir qu’ils trouvent à leur nouvelle vie ? Un roman délicat où sont évoqués l’amour entre personnes âgées, la solitude, les loupées de la vie, les chagrins, les douleurs, les petites arrangements avec la famille, les plaies que l’on croyait cautérisées et qui ressaignent encore et toujours… A la fin de ma lecture je reniflais et avais les yeux humides ! Le seul bémol, et il est immense, Monsieur Haruf est décédé juste avant la sortie du livre aux USA. Je vais me faire le grand plaisir de remonter son œuvre. Ce livre est une petite perle de délicatesse. Un coup de cœur !

Retrouvez Zazy sur son blog 

partagez cette critique
partage par email