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Personne n'a peur des gens qui sourient
Véronique Ovaldé

Flammarion
litterature fra
février 2019
272 p.  19 €
ebook avec DRM 13,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu
coup de coeur

Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé
est le coup de cœur de la librairie Tonnet à Pau
dans le q u o i  l i r e ? #68

 

 

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La mamma au Beretta

Le dernier roman de Véronique Ovaldé raconte le road trip d’une mère et ses filles qui, pour échapper à une menace, quittent les bords de la Méditerranée pour l’Alsace. Ce départ est l’opportunité de recommencer une nouvelle vie et d’oublier certaines erreurs passées. Dans cette histoire menée tambour battant, avec humour et suspens, on retrouve la verve et l’originalité de l’auteure qui joue avec les codes du roman noir avec légèreté.

Une mère et ses filles en cavale

C’est une décision que Gloria a mûrement réfléchie, une fuite qu’elle a soigneusement préparée. Un matin de juin, elle passe récupérer ses filles à l’école, Stella l’adolescente, et Loulou, six ans. Débarrassée des portables et munie du strict nécessaire, dont un pistolet, elle prend la route de la forêt de Kayserheim, où se trouve la vieille maison de vacances de son enfance. En quittant le sud, Gloria veut échapper à ses démons et à des histoires anciennes un peu louches qui la poursuivent. En effet, depuis la mort de Samuel, Gloria élève seule ses deux filles, avec pour appuis Tonton Gio, le meilleur ami de feu son père, et Pietro Santini, l’avocat de ce dernier. Mais, méfiante et un brin paranoïaque, elle n’a prévenu personne de leur échappée, ayant aussi omis de dire à ses filles que ce séjour alsacien risquait de se prolonger après les grandes vacances, au risque de les exposer à d’autres dangers imprévus…

 Dans ce roman un peu fou aux allures de polar, on meurt de façon inexplicable, les personnages sont drôles à leur insu, et on retrouve les thèmes chers à l’auteure : la maternité, la fuite, le rêve d’une nouvelle vie, sans le réalisme magique de « Ce que je sais de Vera Candida », mais avec une liberté de ton, un machiavélisme et une ironie qui n’épargne aucun personnage, et en premier lieu cette mère prête à tout pour éliminer les fâcheux sur sa route.

 

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je joue !

jusqu'au 31 mai 2019

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 Les internautes l'ont lu

Méfiez vous des gens qui sourient

Méfiez-vous du sourire de Gloria ! Que pense-t-elle, qu’a-t-elle en tête, est-elle aussi avenante que son sourire le laisse penser et qui est-elle finalement ?
Gloria ne s’aime pas : trop petite, trop de poitrine, des formes arrondies mais elle qui pensait n’avoir aucun charme, quand elle a croisé a 17 ans Samuel, celui-ci l’a remarquée et ils se sont aimés, follement, passionnément mais on découvre dès les premières pages qu’il est mort et qu’elle part avec ses deux filles : Stella 15 ans et Loulou 6 ans, qu’elle quitte la chaleur du sud pour rejoindre la maison familiale maternelle dans l’Est de la France.
Plus rien ne la retient et un danger plane, il faut partir, vite, sans laisser de trace, partir en laissant derrière soi Tonton Gio, son seul ami, une sorte de père de substitution. Elle sera désormais encore plus seule
Gloria était alors à la fois comblée et emplie de tristesse. de cette tristesse tranquille et fantomatique qui lui tenait compagnie depuis la disparition de son grand amour. Une tristesse habitable, confortable, sur mesure, qui était devenue une façon de vivre et d’élever ses filles le plus tendrement et le plus attentivement possible. (p79)
Gloria a peur, Gloria est sur le qui-vive, une ombre plane mais Véronique Ovaldé nous laisse avec cette impression et préfère raconter Gloria, son passé et son présent pour nous conduire à la vérité.
C’est un roman très féminin : l’auteure (car elle n’hésite pas à prêter sa voix de temps à autre pour attirer notre attention, peut-être un peu trop souvent mais on ressent qu’elle ne peut s’empêcher d’ajouter son grain de sel à l’histoire, aux faits)
(Je ne eux m’empêcher de remarquer que Gloria n’a pas d’amies. Toutes les tentatives de rapprochement des mères à la sortie de l’école ont échoué. Je vous laisse réfléchir à la question.) (p210)
l’héroïne, ses filles et les absentes : la mère qui est partie avec son dentiste quand Gloria avait 6 ans, la grand-mère, froide. Toutes ont un rôle à jouer, à tenir.
Comment se construire quand votre père que vous chérissiez vous est enlevé par la maladie et que vous vous retrouvez seule à 11 ans, que la solitude sera désormais votre seule amie, quand vous décidez de ne plus rien demander aux autres, de vous en sortir seule, toujours seule.
J’ai tout de suite aimé l’écriture et le style de Véronique Ovaldé et sa manière de nous faire entrer dans le vif du sujet : pas de temps à perdre, pas plus d’explication elle avance au rythme de la fuite… Elle s’adresse au lecteur (trice), elle nous prend à témoin. Elle déroule l’existence de son héroïne, c’est fluide, c’est efficace, elle glisse ici et là ses propres réflexions, piquantes et personnelles donnant à la narration un petit air de pamphlet
Pas mal d’échantillons masculins considèrent que toute cette affaire (décolleté, short, etc…) leur est exclusivement destinée. C’est tellement farce quand on y pense. (p159)
Comme si cela ne suffisait pas, elle y glisse un spectre orange et l’ensemble donne un récit que j’ai dévoré, j’ai totalement visualisé les lieux, la nature, les personnages. J’ai Elle donne à chacun du caractère, du tempérament et croyez moi aucune des femmes n’en est dépourvu, que ce soit Gloria ou Stella (telle mère – telle fille)
Hier, quand je suis allée à vélo jusqu’au bled pour faire les courses, je n’ai pas souri une seule fois, ça a mis tout le monde mal à l’aise. Tu devrais d’ailleurs essayer plutôt que de sourire au monde entier comme une désespérée. C’est passionnant. (p63)
C’est à la fois une sorte de thriller avec un air de road-trip mais aussi un regard porté sur la transmission familiale féminine, leurs liens, les répercussions de génération en génération.
La malédiction des femmes Schalck : elles engendrent des enfants dont elles se désintéressent dans l’instant. Indifférence qui les rend vaguement malheureuses : elles se devinent inadéquates dans leur rôle de mère, et du coup la culpabilité les porte à devenir agressives, démonstratives quand il ne le faut pas, et insensibles le reste du temps. (p91)
Gloria imprègne tout le récit de son caractère imprévisible : aimante, indifférente, amoureuse, jalouse, exclusive, méfiante, ne laissant rien au hasard, anticipant, calculant, elle souffle le chaud et le froid, prend de la distance face aux événements. Comme elle ne peut compter que sur elle, que la colère bouillonne en elle et qu’elle ne demande qu’à sortir dès qu’elle est contrariée, on comprend qu’à un moment ou à un autre il va falloir que cela explose.
Cette colère pouvait s’adresser à tout un tas de choses ou de gens, un serveur dans un restaurant, un type qui faisait chier son chien devant le portail de l’école, la basket gauche de Stella impossible à retrouver avant le cours d’éducation physique, la robe rouge qui avait déteint sur tout le reste de la lessive, les talibans, l’individualisme forcené, ou l’impossibilité des vieux Grecs à prendre leur retraite. Sa haine était farouche, imprévue, éternelle. (p188)
On ne sait pas sur quel pied danser : sympathie, défiance, pitié. Seules Gloria et Véronique Ovaldé ont connaissance de ce qui se cache derrière ce sourire que Gloria affiche, comme un masque pour se protéger, pour ne rien révéler, parce qu’à trop aimer on en vient à souffrir et Gloria ne veut plus souffrir.
….. Si le motif cosmique reste incompréhensible, alors on demeurera délicatement et acrobatiquement penché sur la prolifération des détails, parce que, lorsqu’on a choisi le silence, on voit mieux, cela va sans dire, et on cesse d’accorder aux choses plus d’envergure et d’importance qu’elles n’en recèlent. (p266)
J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture, j’ai aimé la manière dont Véronique Ovaldé construit son récit, c’est vivant, énergique, ne laissant rien présager de l’issue, comment elle introduit l’imaginaire, l’analyse des sentiments féminins, de l’enfance solitaire.
Un dernier conseil : ne contrariez pas Gloria si vous la croisez, méfiez vous de son sourire……

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grande déception

Je viens de terminer ce roman très curieux qui me laisse dans l’embarras. Bien-sûr, je l’ai lu d’une traite parce que j’aime beaucoup Véronique Ovaldé et que je voulais comprendre cette écriture assez inhabituelle chez elle et d’ailleurs assez agaçante. L’histoire est loin d’être mauvaise, bien au contraire, il ne s’agit pas de cela mais d’un problème de rythme. Un départ encourageant, des personnages tous surprenants, cela démarre bien. Et brusquement, l’ennui s’installe en cours de route, sur une bonne centaine de pages centrales, pour une chute finalement sans surprise. Cela ressemble à un brouillon qui n’a pas été revu avant d’être envoyé à l’éditeur. Le personnage de Gloria méritait vraiment mieux que ça, une analyse plus en profondeur pour lui donner du relief et du caractère. Et que dire de ces parenthèses, petits clins d’oeil inutiles au lecteur, humour parfois complètement décalé. Oh, comme je suis déçue cette fois …

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Un matin, Gloria Marcaggi décide de partir, de quitter son appartement de Vallenargue : elle passe prendre ses filles, Loulou à la maternelle et Stella à son collège. Direction le nord-est : la maison de feu sa grand-mère, en Alsace. Tout ressemble à une fuite. Mais de qui Gloria a-t-elle peur ? De qui cherche-t-telle à s’éloigner avec autant d’empressement et de crainte ?
Dans une alternance de chapitres entre le passé et le présent, le lecteur va peu à peu découvrir la jeunesse de Gloria : la façon dont, alors qu’elle était serveuse dans un bar, elle a rencontré Samuel, le père de ses deux filles, le coup de foudre qui s’ensuivit et la colère de celui qui s’occupait d’elle depuis la mort de son père et le départ de sa mère, un certain Tonton Gio, un ami du père disparu et le propriétaire du bar où travaille Gloria. C’est lui qui avait fait venir Samuel pour un trafic tenu secret…
Parallèlement au passé de Gloria, nous suivons les trois filles s’installant en Alsace, à Kayserheim, dans la maison quasi hantée d’Antoinette Demongeot, au coeur d’une sombre forêt et d’un lac d’une profondeur insondable. C’est l’été et chacune s’adonne à ses occupations au coeur de la nature. Gloria observe ses filles s’adapter à ce nouvel environnement tout en gardant son Beretta sous la main. Elle semble avoir peur, très peur même. Mais de quoi ?
Évidemment, c’est la question qui tiendra en haleine le lecteur tout au long d’un roman que l’on avale d’un trait tant le suspense nous tient.
Et pour autant, j’ai beaucoup de réticences vis-à-vis de ce roman. En effet, l’écriture m’a gênée, plus précisément : l’utilisation plus que systématique et donc abusive de parenthèses, même si j’ai bien compris que l’auteur en faisait un jeu, les fausses précisions grammaticales concernant l’antécédent d’une relative (une, ça va mais au-delà…,) et une certaine concession à l’air du temps dans la formulation un peu branchée, me donnant parfois l’impression de parcourir un magazine féminin : la liste p 20/21 des recettes pour lutter contre les idées noires… Bref, j’avoue que j’ai eu du mal à dépasser cela.
J’ai été assez déçue aussi par le traitement du sujet. Si vous n’avez pas encore lu le roman, évitez peut-être de lire la suite… je ne veux rien révéler… Je trouve qu’en effet l’auteur ne s’attache pas suffisamment à montrer l’évolution psychologique du personnage de Gloria, la façon dont elle passe de l’amour fou à l’ennui profond… et c’est dommage car il me semble que là, précisément, il y aurait eu des choses intéressantes à exploiter. Cela dit, il est vrai que ce n’est pas, à proprement parler, un roman psychologique, on est plutôt du côté du conte et les personnages demeurent assez caricaturaux… Ceci explique peut-être cela…
Bon, pour finir, je dirais que si le suspense et le rythme du récit m’ont tenue jusqu’à la fin, je n’ai été vraiment convaincue ni par le traitement du sujet ni par l’écriture de ce roman.
Ce n’est bien sûr que mon avis et il n’est visiblement pas partagé par beaucoup. Tant mieux pour ce roman à qui je souhaite bon vent…

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