Sylvain Tesson
Folio
janvier 2015
224 p.  7,20 €
 
 
 

Le critique invité

Christophe Ono-dit-Biot (Le Point, France Culture)
a aimé
« Berezina » de Sylvain Tesson (Guérin)

« J’aime ce livre car il dit le contraire de son titre. On croit lire le récit d’une déroute, et l’on se prend de passion pour une route. Il y a dans « Berezina » un côté Kerouac où la vodka aurait remplacé la benzédrine. Voilà l’histoire d’un type qui, alors qu’il escalade vainement des parois ingrates, veut renouer avec le vrai voyage, c’est à dire « une folie qui nous emporte dans le mythe ».  Parce qu’on a oublié de saluer la mémoire des grognards napoléoniens chers a son coeur, pétrifiés par le froid dans l’immensité russe il y a 200 ans, il va s’employer à célébrer leur sacrifice par un monument de mots. Mais avant de l’écrire, il faut tenter de vivre. En l’occurrence, revivre, et revivre quoi ? L’épopée tragique de ces héros en loque. Le résultat, c’est le récit d’une offrande kilométrique : 4000 kilomètres en moto et side car, avec pour carburant spirituel les mémoires du Sergent Bourgogne, de La Baume et de Caulaincourt et la chaleur de l’amitié. L’occasion pour Tesson, qui écrit toujours aussi tonique, aussi lyrique, de méditer sur la France, ses rêves de grandeur, l’Europe contemporaine et les visions de Bonaparte. Sur une certaine abnégation aussi, qui n’est hélas plus d’époque. Un livre impérial, rebelle à mort. »
Propos recueillis par Pascale Frey
Lire notre chronique « Le dernier des grognards »

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