José Luis Sampedro
Traduit par Françoise Duscha-calandre
Editions Métailié
suites
avril 2012
350 p.  12 €
ebook avec DRM 8,99 €
 
 
 

 Librairie Grangier
illustration Brigitte Lannaud Levy

L’audace, voilà ce qui caractérise  le plus la librairie–papeterie Grangier. L’audace qu’a eue son créateur Jean-Jacques Schaer en s’installant dans les locaux d’un ancien cinéma porno. L’audace de sa repreneuse Simone Hisler, libraire de l’Est, qui en 2012 a relevé le défi  de donner un nouveau souffle à la plus grande librairie indépendante de Bourgogne. Elle n’a pas hésité alors  à lancer de grands travaux de rénovation sur les 1000 mètres carrés répartis en cinq étages. Audace, quand  l’été dernier la librairie a communiqué en  affiches 4X3  dans la ville avec un slogan à deux niveaux de lecture, « Livresse : nf sensation heureuse provoquée par une lecture prolongée ».  Voilà chez Grangier, on ne boude pas son plaisir.  De lire, bien évidemment mais aussi d’écrire avec un rayon pour les amoureux des stylos et des jolis papiers. Enfin Grangier aime surprendre les Dijonnais en créant des évènements.  Comme la mémorable venue de Georges R.R Martin l’auteur de la saga culte Games of thrones (Pyglamion). C’est avec Delphine de Loisy que nous échangeons à propos de ses derniers coups de cœur.

Quel est le livre de littérature française qui vous a particulièrement plu cet automne ?
C’est un recueil de nouvelles « Macadam » de l’auteur au quatre prénoms : Jean Paul Didierlaurent (Diable Vauvert). Il a écrit  « Le liseur du 6h27 » et nous revient avec des nouvelles. Ce qui est beaucoup plus compliqué à défendre. Et pourtant quel régal. Ce sont onze histoires courtes qui se suivent sans se ressembler. On ne sait jamais à quoi s’attendre et on veut surtout que cela ne s’arrête pas tellement c’est bien.

Et en littérature étrangère ?
« L’intérêt de l’enfant » de Ian Mc Ewan (Gallimard).  Un roman sur la difficulté de rendre un jugement pour Fiona, une brillante juge aux affaires familiales. Un livre tout en finesse, qui parle des femmes avec justesse. Il y a là une intelligence d’écriture  où le fond rejoint la forme. Un livre à lire lentement pour déguster chaque mot.

Y –a-t-il un premier roman qui selon vous s’est distingué lors de cette rentrée ?
J’ai été très positivement surprise par « La petite barbare » d’Astrid Manfredi  (Belfond), l’histoire d’une jeune fille qui fait partie d’un gang et que la violence va mener en prison. Normalement ce type de roman n’est pas pour me plaire. Et à j’ai été séduite par une langue crue qui cogne. C’est une littérature à l’état brut.

Quel est le livre qui vous tient particulièrement à cœur et que vous défendez depuis toujours avec ferveur ?
« Le sourire étrusque » de José Luis Sampedro (Métaillé). L’histoire d’un vieux paysan calabrais assez rustre, qui tombe gravement malade et doit  quitter son village natal pour Milan afin de se faire soigner. Il y rencontre alors son petit-fils de treize mois. Tout l’amour qui lui reste, il va le lui donner. Mais est-ce vraiment son dernier amour ?   Ce livre c’est l’Italie sous la plume d’un auteur espagnol.  C’est un texte généreux qui mêle le rire, les larmes, la surprise, l’amour. Je le conseille tellement que certains  m’appellent même  « Mademoiselle sourire étrusque ».

À qui auriez-vous donné le Goncourt cette année ?
« La cache » de Christian Boltanski (Stock). Un premier roman construit comme la maison qui en est aussi l’un de ses personnages. Un régal. Il a eu le Prix Femina et j’en suis ravie.

Une brève de librairie :
Un grand monsieur très chic, aux lunettes toujours assorties à ses chaussures,  venait très régulièrement acheter pas moins d’une dizaine de livres. Sans un bonjour, sans un sourire, sans un au revoir. Nous pensions qu’il n’avait pas besoin de conseils car il constituait sa pile sans s’adresser à nous. Un jour nous l’entendons s’écrier haut et fort  dans la librairie: «  Delphine n’a rien aimé ? » En fait, il choisissait ses ouvrages en lisant les petits mots que j’écrivais à côté sur des marques pages, comme on le fait avec mes collègues pour signaler  nos coups de cœur.

Et puis aussi cette dame qui a réussi cette prouesse inimaginable pour moi de me mettre les larmes aux yeux en me parlant d’un roman… de Danielle Steel.

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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Librairie papeterie Grangier
14 rue du château

21000 Dijon
03 80 50 82 50

 
 
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