Fiona BARTON
Fleuve éditions

416 p.  19,90 €
ebook avec DRM 9,99 €
 
 
 

en partenariat avec Fleuve Editions
Rencontre avec Fiona Barton

« Ce qui m’a intriguée au départ, c’était le rôle de ces épouses d’accusés qui restaient silencieuses.
Je me suis demandé ce qu’elles savaient. »

Après avoir été longtemps journaliste, après s’être nourrie malgré elle des terribles faits divers qui endeuillaient l’actualité et sur lesquels elle enquêtait, Fiona Barton a voulu en parler différemment, répondre de manière romanesque aux questions qu’elle se posait. Ce qui l’a conduite, au milieu de la cinquantaine, à écrire « La Veuve » sa première fiction, devenue très vite un best-seller. Rencontre avec une charmante Anglaise qui parle parfaitement le français. Normal puisqu’elle a quitté les brumes londoniennes pour le soleil de la Dordogne.

Avant de publier ce premier roman, vous étiez journaliste. Quelle était votre spécialité ?
J’ai été reporter pendant une trentaine d’années, au « Daily Mail », puis au « Daily Telegraph » et enfin au « Mail on Sunday ». Je vivais à Londres, mais je voyageais beaucoup, car j’écrivais de longues histoires sur les faits divers, les histoires derrières les histoires en quelque sorte. Ce fut un bon entraînement.

Pourquoi avez-vous eu envie de vous lancer dans la fiction ?
Mon mari, qui était pompier, et moi nous étions toujours promis qu’à la retraite, nous ferions du bénévolat. Mais à cinquante ans, on s’est dit, « pourquoi attendre plus longtemps ? » J’ai passé deux ans au Sri Lanka à former des journalistes. Une fois rentrée à Londres, j’ai pensé que ce métier de formation me plaisait bien, que j’allais poursuivre dans cette voie, mais l’écriture me manquait. Comme j’avais la tête pleine de personnages, de gestes, de paroles que je n’avais pas pu glisser dans mes articles, j’ai participé à un concours de manuscrits, alors que j’étais repartie en Birmanie et que je n’avais rien à faire le soir. Je n’ai pas gagné, je suis arrivée deuxième, mais j’avais un livre terminé. C’était « La Veuve ».

Vous racontez l’histoire d’une femme dont le mari a été accusé du meurtre d’une fillette. Quel fut le point de départ de ce livre ?
Ce qui m’a intriguée au départ, c’était le rôle de ces épouses d’accusés qui restaient silencieuses. Je me suis demandé ce qu’elles savaient, et surtout ce qu’elles voulaient savoir ou pas… J’avais envie également de raconter l’histoire d’un mariage avec un secret, mais il fallait que ce soit un secret impardonnable. Et c’est comme ça que la voix de Jane, mon héroïne, est née.

C’est un sujet que vous connaissiez bien ?
J’avais écrit pas mal d’articles sur les prédateurs sexuels. J’avais même interviewé quatre d’entre eux. Ce qui m’avait frappée, c’est que tous affirmaient que les victimes n’étaient pas des victimes, mais des personnes consentantes.

Que vous apporte la fiction par rapport au journalisme ?
Les lecteurs de journaux sont moins attentifs que ceux de romans. Ceux-ci se révèlent donc plus efficaces, car les lecteurs s’engagent davantage. Après journaliste et formatrice, je viens donc d’entamer ma troisième carrière. Et mon mari et moi avons déménagé en Dordogne où tous nos voisins, ou presque, sont anglais !

Lire notre chronique « Tout est bien qui finit… »

 
 
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