Rencontre avec Luca di Fulvio - onlalu
   
 
 
 
 
 
Luca DI FULVIO
Traduit par Elsa Damien
Pocket
juin 2016
864 p.  9,30 €
ebook avec DRM 14,99 €
 
 
 

 en partenariat avec Pocket

Rencontre avec Luca Di Fulvio
« Longtemps, je n’ai pas su
quoi faire de ma vie »

Luca di Fulvio a l’enthousiasme, la gaieté et la volubilité des Italiens. Impossible de lui couper la parole ! Passionné par son métier d’écrivain, une vocation tardive puisqu’il a publié son premier roman à quarante ans mais n’a connu le succès qu’à l’approche de la soixantaine, il débarque en France avec ces deux livres: « Le gang des rêves » (Pocket) et « Les enfants de Venise » (Slatkine). Ils ont marqué un nouveau départ dans sa vie de romancier en le transformant en auteur de best-sellers. 

Quel était votre métier avant de devenir écrivain ?
Longtemps, je n’ai pas su quoi faire de ma vie. Je suis d’abord devenu acteur et j’ai eu la chance d’avoir Andrea Camilleri comme professeur de mise en scène. Il m’a transmis l’amour de la littérature… J’ai donc joué, puis j’ai créé ma propre compagnie, j’ai ensuite réalisé un court métrage qui est même entré dans la course aux Oscars, avant de commencer à écrire pour le théâtre. Et là, j’ai adoré me retrouver enfin seul, comme en montagne, une de mes autres passions. Mais pendant longtemps, une dizaine d’années, aucun éditeur n’a voulu me publier, parce que je n’écrivais pas comme un Italien !

Qu’est-ce que cela voulait dire exactement ?
Les éditeurs me disaient qu’ils attendaient le nouvel Italo Calvino. « Et si Flaubert se présentait à vous ? », leur ai-je demandé ? On ne le publierait pas parce qu’il n’est pas italien ! Finalement, ils ont quand même accepté mon thriller, « L’Empailleur », qui a remporté un certain succès. Il a d’ailleurs paru en France, dans la Série Noire, grâce à Fanny Ardant, parce que son compagnon, un réalisateur italien, voulait l’adapter au cinéma. Et puis bien sûr, comme il avait bien marché, on m’a demandé de réécrire et réécrire encore le même livre. Ce que j’ai fait avant de réaliser que j’avais perdu toute ma liberté. Comme en montagne, je me suis alors demandé quelle voie emprunter pour arriver au sommet.

Et alors, quelle fut la voie ?
Je me suis souvenu d’un roman que j’aime particulièrement et relis souvent, « Martin Eden » de Jack London. J’ai eu envie d’écrire une histoire dans ce genre, celle d’un enfant perdu qui chercherait une place dans la vie, mais qui se terminerait bien.  

Votre roman, « Le gang des rêves », se passe à New York, au début du vingtième siècle. Connaissez-vous bien la ville ?
J’adore New York… sans y être jamais allé ! Mais les Américains sont les rois de l’archive et ont des photos très bien référencées sur chaque année, ce qui m’a permis de reconstituer le décors. Il est sorti en Italie en 2008 dans un grand silence… Mon éditeur n’y croyait pas ! J’étais totalement déprimé, j’ai décidé de tout arrêter et j’ai passé des années à faire autre chose comme de la menuiserie par exemple. Et puis tout d’un coup, des années plus tard, ce « Gang des rêves » a remporté un énorme succès en Allemagne avec un million d’exemplaires vendus. Cela m’a encouragé à écrire le deuxième, « Les enfants de Venise », sur le premier ghetto juif. Les éditeurs français m’ont alors découvert dans la liste des meilleures ventes du « Spiegel », et c’est ainsi qu’a démarré l’aventure chez vous.

Le troisième paraîtra l’an prochain. S’agit-il d’une trilogie ?
Non, mais de trois livres indépendants qui utilisent le passé pour parler de notre monde. Le troisième se déroule en 1400 dans les Alpes italiennes. Mais je rattrape le temps perdu, et j’ai déjà débuté un nouveau projet qui se passera à Buenos Aires en 1913…

Lire notre chronique du « Gang des rêves »

 

 

 
 
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