Douglas KENNEDY
Belfond
novembre 2017
384 p.  22,90 €
ebook avec DRM 9,99 €
 
 
 

« La vie parfaite est un mensonge »

Douglas Kennedy embarque pour une traversée transatlantique avec une trilogie dont le premier volume, « La Symphonie du hasard », vient de paraître. Les deux prochains tomes sortiront en 2018. L’écrivain se glisse dans les pas d’Alice, une jeune femme qui grandit dans l’Amérique des années 70… Nous la quittons alors qu’elle est sur le point de s’envoler pour l’Irlande, rêvant de mettre un océan entre sa famille et elle, comme le fit Douglas il y a quelques décennies.

Une fois de plus, vous vous glissez dans la peau d’une femme. Une vraie addiction !
C’est la huitième fois, mais la première que je suis une adolescente.

J’ai l’impression que c’est votre livre le plus autobiographique.
Oui et non. J’ai passé tous les étés dans cette ville du Connecticut où Alice et ses frères vivent, et où mon père nous a si souvent menacés de déménager. Comme Alice, j’ai vécu une adolescence merdique avec des parents qui se hurlaient dessus. Comme Alice, j’avais une mère juive allemande. Enfin, comme le père du livre, le mien buvait beaucoup et a collaboré à mettre Pinochet au pouvoir. Il me l’a confié avant mon départ pour l’Irlande, et m’a révélé qu’il était membre de la CIA… Je crois que c’est à ce moment précis que je suis devenu romancier. Et que je me suis dit que toutes les familles étaient des sociétés secrètes.

On vous sent un peu nostalgique de ces années 70…
C’était une période passionnante. Il n’était pas nécessaire d’être riche pour aller à l’université et de s’endetter pour les vingt années suivantes. Nous n’étions pas obligés de penser à notre carrière.

Pourquoi avez-vous eu besoin de trois volumes pour raconter cette histoire ?
Je voulais une saga moderne, mais dans la tradition des feuilletons du 19e siècle. Au départ, je ne savais pas dans quoi je m’aventurais. J’ai vu que ça devenait long, puis très long ! Après quinze mois d’écriture, j’avais 1328 pages et nous avons donc décidé de le publier sous la forme d’une trilogie.

Il me semble que c’est votre livre le plus proche de « La Poursuite du bonheur ». Etes-vous d’accord ?
« La Poursuite » était une fresque et racontait l’histoire d’amour d’une femme. Ici, c’est davantage l’histoire d’une famille… Mais il est vrai que l’on retrouve plusieurs thèmes récurrents dans tous mes livres ou presque : les mariages calamiteux, l’importance du hasard, les guerres intimes et la conviction que la vie parfaite est un mensonge !

Les deux prochains volumes se dérouleront-ils en dehors des Etats-Unis ?
Le deuxième se passera en Irlande et au Chili, mais je reviendrai dans l’Amérique de Jimmy Carter et de Reagan pour le troisième avec le New York des années 80, les années sida, mais aussi celles de l’argent facile… Et il n’est pas exclu que je prolonge l’aventure avec un quatrième volume !

Propos recueillis par Pascale Frey

 
 
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