Cormac Mccarthy
Points
septembre 2016
408 p.  7,95 €
 
 
 
Cordwainer Smith
Gallimard
folio science f
mars 2004
624 p.  9,80 €
 
 
 

illustration Brigitte Lannaud Levy

 

Elle porte le joli nom breton d’un vent du Nord-Ouest qui souffle en rafale sur l’Ouest de la France : Gwalarn. Ce vent, on l’appelle aussi Noroît, ou encore Galerne chez les Normands, comme la célèbre librairie du Havre.  C’est en 2008 que Philippe Saget et Laurent  Disenmeyer ont repris Gwalarn, une librairie qui avait été créée en 1981 et se trouve à Lannion en Côtes-d’Armor. Elle est généraliste, mais garde la volonté de promouvoir la culture bretonne. L’une des collaboratrices qui est bretonnante guide ceux que cette culture passionne. « Entrez ici vous êtes ailleurs » est le credo de ces aventuriers des lettres au long cours qui sans vouloir être élitistes cherchent inlassablement à défendre des œuvres consistantes.

Quel roman nous conseillez-vous de lire ?
Un livre qui fait l’unanimité chez nous, c’est « Le jour d’avant » de Sorj Chalandon (Grasset). Cela fait des années que nous le suivons. Pour une fois ce n’est pas un récit autobiographique. Ce roman est construit  autour de la catastrophe qui a eu lieu dans une mine de Liévin où ont péri 42 hommes. Son écriture est aussi belle que l’histoire est passionnante.

Et du côté des auteurs étrangers, que nous recommandez-vous ?
« Underground Railroad » de Colson Whitehead (Albin Michel).

On suit le parcours d’une esclave née dans une plantation. Elle grandit dans des conditions terribles sous le joug de la cruauté et de la terreur semées par les propriétaires. Cora, rebelle dans l’âme, va s’échapper par le biais d’un réseau d’aide aux esclaves en fuite vers les états du Nord avec la menace permanente d’être rattrapée par les chasseurs de prime. Un roman captivant.

Y a-t-il un premier roman qui vous a particulièrement plu?
« Afin que rien ne change » de Renaud Cerqueux (Le Dilettante). Un industriel se fait enlever sans qu’une demande de rançon ne soit effectuée. Ses ravisseurs ne lui font pas de mal, mais veulent lui faire comprendre le sens du travail. C’est très ironique, plein de mordant.

Quel est le roman que vous défendez depuis toujours avec ferveur ?
« De si jolis chevaux » qui est le premier tome de la trilogie des confins. C’est l’œuvre d’un auteur qui pour moi est fétiche et me tient particulièrement à cœur : Cormac McCarthy. Son écriture sèche, aride, sans compromis est au service d’histoires construites comme des tragédies. C’est magistral.

Mais j’ai aussi une obsession toute personnelle pour  « Les seigneurs de l’instrumentalité » de Cordwainer Smith (Folio), un cycle de science-fiction en quatre tomes paru dans les années 60 qui retrace 14.000 ans de l’humanité.

Une brève de librairie :
Un client se promène entre les tables. Je lui demande s’il a besoin d’aide : « Non, c’est ma femme qui m’emmerde ». Il était venu se planquer à la librairie entre les rayons. J’ai trouvé cette situation inouïe mais drôle dans le fond. La librairie est un refuge aussi. Et puis lui et sa femme se sont finalement retrouvés  à la caisse !

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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Librairie Gwalarn
15 rue des chapeliers
22300 Lannion
02 96 37 40 53

 

 

 
 
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