Golden Valley
Gaël Aymon

Gallimard Jeunesse
scripto-jeunesse
septembre 2016
192 p.  8,65 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Coup de foudre en Birmanie

Contraint de passer cinq semaines en Birmanie chez ses parents expatriés, Maximilien, 17 ans, prend rapidement le parti de s’amuser. C’est ainsi qu’il rencontre un jeune et fortuné birman, Brandon, le fils de l’associé de son père, avec qui il passe des soirées joyeuses, insouciantes : regarder un film en buvant de la bière, discuter de tout et de rien… Mais Maximilien ressent bientôt une gêne, comme un mal-être : il ne se sent pas tout à fait intégré au milieu des jeunes de son âge. Un soir, invité chez Brandon, il fait la connaissance de Dolly, sa sœur : la jeune fille, âgée d’une vingtaine d’année et étudiante en droit, le charme instantanément. Fou amoureux d’elle, il cherche à la revoir par tous les moyens.

Passion interdite

Entre eux se développe alors une relation passionnée, fiévreuse, sensuelle et impudique. Mais ce qui aurait pu devenir une merveilleuse histoire d’amour ne doit se révéler sous aucun prétexte : Dolly est birmane, et dans ce pays, on ne sort pas avec un étranger…

On connaissait déjà le talent de Gaël Aymon : celui de se glisser habilement dans la peau d’un adolescent d’aujourd’hui, afin de raconter ses peines, angoisses et autres doutes dont souffre un jeune à cette période de l’existence… Mais c’était avant de lire « Golden Valley ». Dans ce roman qu’on ne parvient décidément pas à lâcher, l’auteur exhibe avec adresse d’intenses et frénétiques sentiments. Il parvient à mettre des mots sur le fantasme que représente Dolly pour Max, sur le désir puissant qu’il a pour elle, sans jamais verser dans le déchirant ni le larmoyant.

Toute une palette de sentiments

Et tout en peignant l’attachement viscéral de l’adolescent pour cette jeune Birmane, l’écrivain met en lumière des sujets très actuels : la relation d’un fils avec ses parents, qu’il admire mais ne sait pas aimer, le regard incrédule d’un jeune sur un pays en voie de développement et sur ses traditions… À la découverte d’une contrée inconnue, le héros se pose mille et une questions, interrogations qui concernent aussi le lecteur, à un âge où l’on refoule ses opinions et ses pensées. Ce qu’éprouve le héros de Gaël Aymon est pur, intact, unique, et l’on s’y retrouve parfaitement.

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