Femme à la mobylette ; A la recherche du sixième continent
Jean-Luc Seigle

Flammarion
août 2017
238 p.  19 €
ebook avec DRM 13,99 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Désespoir, malheur, misère…

J L Seigle a habitué ses lecteurs à des romans certes, mais toujours pétris de bienveillance envers ses personnages , la plupart ayant des destins funestes.
Et c’est le cas encore cette fois, sa Reine est une femme abandonnée par son mari, et avec ses 3 enfants à charge. Elle n’est pas stable et la bipolarité semble être la cause de son comportement parfois bizarre et de ses sautes d’humeur, qui, un soir l’amèneront à des pensées si noires qu’elles ne pourront que la marquer, bien que n’étant pas passée aux actes.
Ses enfants , 2 garçons , une fille s’accommodent comme ils le peuvent de cette situation, et Igor, celui du milieu de la fratrie, est celui qui les fédèrent , et d’un regard, il comprend les dérives de sa mère.
Cette femme est loin d’être sotte et a de l’or dans les mains. A la faveur d’un déblaiement du jardin , elle trouve une mobylette bleue, ce qui va lui permettre de trouver du travail , elle va embellir les morts avant leur mise en bière , et elle les aime ces morts et ces familles .
Sur un parking, elle fait la connaissance d’un routier néerlandais, et s’imagine à tort ou à raison , ou avec déraison, qu’elle a un droit au bonheur.
Bonheur de courte durée, car ses enfants lui sont enlevés et sont partis chez leur père à Biarritz, elle n’a rien vu venir.
Reine a peu de temps avant de rejoindre son amour sur son parking pour un nouveau départ (peut-être) mais elle part sur sa mobylette et traverse la France pour seulement apercevoir ses enfants :ils ont l’air heureux dans leur nouvelle vie sans elle.
Igor l’aperçoit et se détourne.
Elle se sauve , meurtrie certes, mais confiante en leur avenir , et c’est avec toute la vitesse que peut fournir son engin et toute la fatigue accumulée qu’elle revient vers ce qui devrait être enfin un peu de bonheur…
Ce livre , tellement bien construit est un roman certes , mais il est impossible de ne pas croire qu’il embrasse toute la misère et le désarroi de gens que l’on peut croiser au fil des jours , un essai sur tout ce malheur n’aurait pu être plus efficace.
Cette lecture va me hanter longtemps .

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