Rencontre avec Daniel Pennac

Il y un an, Daniel Pennac publiait « Journal d’un corps », « la vie romanesque des chairs et des viscères, des fluides et des nerfs. » Qui d’autre que lui pouvait transformer cet inventaire loin de celui de Prévert en un best-seller?! Aujourd’hui, il s’acoquine avec le dessinateur Manu Larcenet pour en proposer une version illustrée

Vous avez déjà collaboré plusieurs fois avec des illustrateurs. Qu’est-ce qu’un dessin apporte à votre texte?
Tout dépend du dessin. Il peut être simplement illustratif et n’apporter que l’illustration. Ce n’est pas le cas du travail de Manu Larcenet qui relève davantage de l’impression de lecture, et se montre par là beaucoup plus passionnant.

Pensez-vous qu’un texte illustré touche d’autres lecteurs qu’un texte « brut » ?
Ici, l’illustration étant une œuvre en soi, elle touchera, je crois, ceux qui ont déjà lu le livre et les amateurs de Larcenet comme une œuvre à part entière.

Comment est-née l’idée de cette collaboration?
De Manu d’abord, qui m’a envoyé des dessins, et de moi, immédiatement après avoir reçu le  premier. Je lui ai demandé de faire ce qu’il voulait dans la plus absolue liberté.

Aviez-vous déjà collaboré ensemble?
Non, nous nous connaissions, chacun aimait le travail de l’autre, mais nous n’avions jamais travaillé ensemble.

Comment avez-vous procédé concrètement?
C’est Manu qui a travaillé. Il m’envoyait ses dessins au fur et à mesure de sa lecture. Je ne me suis mêlé de rien. Il fallait le laisser absolument libre. Ne serait-ce que pour satisfaire cette curiosité : voir vivre mon livre dans le cerveau d’un autre ! Les réactions de sa sensibilité au texte, les « représentations » qu’il se faisait de ceci ou de cela, ses brusques enthousiasmes graphiques, nos différences de perception en fonction de nos différences de personne, tout cela, pour un auteur est absolument unique et passionnant, surtout quand cette sensibilité et cette personne sont celles d’un Larcenet.

Avez-vous commencé un nouveau livre?
Non, depuis « le Roman d’Ernest et Célestine » écrit cet été, je n’ai rien entamé d’autre.

 
 
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