Karel Schoeman
traduit par Pierre-Marie Finkelstein
Phébus (Editions)
Littérature étrangère
août 2014
311 p.  22 €
ebook avec DRM 15,99 €
 
 
 

La critique invitée

Oriane Jeancourt Galignani (« Transfuge ») a aimé « Des voix parmi les ombres »  de Karel Schoeman (Phébus)

« Karel Schoeman est méconnu en France, même s’il a obtenu le prix du Meilleur Livre étranger en 2009 pour « Cette vie », alors que c’est un auteur extrêmement important en Afrique du Sud. Coetze le considère comme son maître, il a été l’ami de Mandela, et il appartient à cette génération, probablement l’une des dernières, qui écrit en afrikaans. Il a passé toute sa vie dans une bibliothèque du comté d’Orange, plongé dans les archives sur son pays. Il est en quelque sorte le gardien de l’histoire de l’Afrique du Sud, de ses origines, des premières humiliations, de l’arrivée de colons… Et il écrit inlassablement sur ces thèmes. Son dernier roman est symbolique de son œuvre. Un peu comme le Modiano de « Dora Bruder », il part à la recherche d’une époque qu’il n’arrive pas à saisir, il déterre des affaires oubliées sur lesquelles il reste des zones d’ombre. C’est une littérature un peu crépusculaire, qui raconte le destin de ces Afrikaners voués à la disparition.

Ce dernier roman se passe pendant la guerre des Boers. Un photographe n’arrive pas à trouver la tombe d’une jeune garçon, Adam Balie, disparu pendant cette guerre. On ne sait pas s’il est mort au combat, ou s’il a été tué par la communauté. Trois voix, qui ont vécu cette époque vont raconter leur version des faits et se mêler à celle du photographe qui mène ses recherches aujourd’hui… J’aime cette idée que l’on ne pourra jamais complètement reconstruire cette histoire, que l’on ne saura jamais vraiment la vérité. »

Propos recueillis pas Pascale Frey
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