Catherine O'Flynn
Jacqueline Chambon
janvier 2015
352 p.  22,80 €
ebook avec DRM 16,99 €
 
 
 

La critique invitée

Claire Devarrieux (Libération)
a aimé
« Les vacances de Mr. Lynch » de Catherine O’Flynn (Jacqueline Chambon)

« A priori, rien que de très banal, rien que de très anglo-saxon, en somme: Dermot Lynch, 75 ans, veuf et retraité, vient voir son fils, Eamonn, qui vit en Espagne dans un lotissement de luxe, Lomaverde, lequel n’est plus luxueux du tout car la crise est passée par là. La piscine est vide, certaines maisons ne sont pas finies. Eamonn pense avoir perdu sa compagne, et va perdre son travail. S’il est quelqu’un qu’il n’a pas envie de voir, c’est bien son père. C’est banal, parce que le roman de Catherine O’Flynn (le troisième traduit, le troisième tout court), donne en alternance le point de vue du père et du fils, dans une pure tradition de suspense psychologique. Ils se connaissent mal, ils apprennent à se supporter, la très secrète  Mme Lynch mère n’était-elle pas un obstacle entre eux, quelle sorte de pacte vont-ils inventer pour s’apprécier et retrouver la préhistoire de leur complicité? La finesse de l’auteur s’exerce sur leur lien, et puis sur la population de Lomaverde, des Anglais de la classe moyenne échoués là. Mais il est une population fantôme, qui trouble le récit, qui laisse des traces indéchiffrables: celle des clandestins. Mr Lynch, quant à lui, Irlandais émigré à Birmingham ( ville natale de l’auteur, où ses parents tenaient un commerce de bonbons, personnellement je ne vois pas plus romanesque comme ascendance), était conducteur d’autobus. Il incarne une société et des valeurs – opiniâtreté, solidarité, tolérance – devenues obsolètes. Je crois que c’est ça qui me touche tellement dans ce livre. 

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