Caitlin Doughty
Payot

300 p.  20 €
ebook avec DRM 7,99 €
 
 
 

La critique invitée

Marie-Laure Delorme (Le JDD)
a aimé
 « Chroniques de mon crématorium » de Caitlin Doughty (Payot)

« Si je vous dis que l’auteure raconte ses six années dans un crématorium, vous allez crier « Oh secours » ! Et pourtant ce livre est génial. C’est une plongée dans la mort, dans ce qu’elle a de plus concret, une réflexion intelligente et sans fioriture. Caitlin Doughty est une jeune Américaine vivant à San Francisco. Elle vient d’une famille modeste et unie et lorsqu’elle avait huit ans, elle a assisté, dans un centre commercial, à la chute mortelle d’une fillette. Elle en a été traumatisée à jamais. C’est la scène inaugurale de sa vie.

Elle va essayer de transformer cette obsession pour la mort en quelque chose de positif. Plutôt que de rester dans le déni, elle a décidé de se confronter à sa peur et de l’exorciser. Alors qu’elle est diplômée d’histoire médiévale, elle est engagée par une entreprise de pompes funèbres où il faut tout faire : recevoir les corps, les préparer, les mettre dans le crématorium. Son récit est à la fois gore, burlesque, tragique. Et extraordinaire, car il nous propose également une visite de l’Amérique. Caitlin va chercher les corps, entre dans les maisons où vivent les familles, voit leurs réactions, assiste à ces moments douloureux, tragiques. Elle constate que face à la mort, nous n’avons jamais été autant dans la négation qu’aujourd’hui. Elle veut qu’on lave, qu’on habille, qu’on veille les morts comme on l’a fait pendant des millénaires. C’est aux vivants de s’occuper des morts, et pas à l’industrie funéraire. Parallèlement à cette expérience professionnelle, elle raconte aussi sa vie privée, sa recherche de l’amour. Evidemment, à la lecture de ces « Chroniques », on ne peut pas s’empêcher de penser à « Six feet under »…»

Propos recueillis par Pascale Frey

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