Jean d' Ormesson
Gallimard
Pléiade

1760 p.  62,50 €
 
 
 

« Seul l’avenir m’intéresse »

Jean d’Ormesson est le seizième auteur à entrer de son vivant dans la collection-culte de la Pléiade. Heureux, il ne boude pas son plaisir et nous raconte les dessous de ce sacre.

Comment l’avez-vous appris ?
Il y a un an, Antoine Gallimard m’a appelé et a demandé à me voir. En précisant que c’était urgent. Toutes sortes de choses me sont passées par la tête, mais certainement pas celle-ci. J’étais tellement surpris, que je lui ai répondu, “merci beaucoup” et je suis parti.

Il paraît que vous avez hésité à accepter. Je ne vous crois pas une seconde!
Cela m’a fait un énorme plaisir, beaucoup plus que d’entrer à l’Académie française, mais il y avait deux choses qui me tracassaient. D’abord, je déteste m’occuper de mon passé. Seul l’avenir m’intéresse, avoir des projets… D’ailleurs, j’ignore totalement où se trouvent mes manuscrits. La Bibliothèque Nationale me les a demandés, je sais qu’ils se trouvent quelque part chez moi, éparpillés, mais impossible de remettre la main dessus. Je ne peux même plus entrer dans mon bureau, tant il déborde de papiers, je suis obligé d’utiliser celui de ma femme. Ensuite, il y a l’appareil critique: cela signifie que des universitaires vont se pencher sur vos livres, vous interroger et ça m’ennuyait beaucoup. Saviez-vous que Saint-John Perse et Céline avaient truqué leur Pléiade en modifiant les dates de certaines lettres par exemple? Mais lorsque Marc Fumaroli m’a proposé d’écrire la préface et qu’on m’a promis de s’occuper du reste, tout s’est débloqué. Je n’ai même pas choisi les livres réunis dans ce volume.

Il y en a quatre: “Au revoir et merci”, “La gloire de l’Empire”, “Au bonheur de Dieu” et “Le juif errant”. Sont-il reliés par un fil rouge ?
Le premier se situe un peu à part, c’était mon adieu à la littérature après plusieurs romans qui ne s’étaient pas vendus. Comme vous pouvez le constater, j’ai changé d’avis! Avec les trois autres, puisque j’étais incapable d’accomplir une œuvre unique comme Proust par exemple, j’ai essayé d’écrire plusieurs livres qui se renvoyaient les uns aux autres.

Parmi ces quatre romans, en préférez-vous un ?
“La gloire de l’empire” je crois. Toutes les facettes de l’Histoire s’y trouvent, et en même temps c’est un canular puisque j’y ai détourné des textes. Et puis, ce fut aussi mon premier best-seller, celui qui m’a permis d’entrer à l’Académie française et au comité de lecture de Gallimard.

 Propos recueillis par Pascale Frey

 
 
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