Ken Kesey
Traduit par Antoine Cazé
Monsieur Toussaint Louverture
octobre 2013
795 p.  24,50 €
ebook avec DRM 12,99 €
 
 
 

Librairie Georges Talence Illustration 

illustration Brigitte Lannaud Levy

En créant sa librairie en 1904, Georges Bory aurait été assez fier de savoir qu’un siècle plus tard, son arrière-petite-fille Cécile poursuivrait son œuvre tout en élargissant le positionnement scientifique de l’époque à une offre totalement généraliste. Cette enseigne qui porte le nom de grand-papa, a déménagé en 2002 pour investir dans la région de Bordeaux, 400 mètres carrés dans le Forum des arts et de la culture de Talence, juste au pied du tramway.  Doté d’un café avec terrasse qui permet d’organiser rencontres et débats, Georges est devenu l’étape incontournable pour tous ceux qui aiment les livres et désirent prendre le temps de se poser pour s’y plonger. C’est Jean- Pierre Ohl qui nous accueille et nous fait part de ses coups de cœur.

Le roman de littérature française de cette rentrée qui vous a le plus plu ?« Juste avant l’oubli » de Alice Zeniter (Flammarion). Cette jeune romancière a eu l’audace et le talent de créer de toute pièce un auteur culte totalement imaginaire : Galvin Donnel. Pris dans l’intrigue extrêmement efficace qui se déroule lors d’un colloque littéraire dans une île des Hébrides, on finit par regretter que cet auteur n’existe pas et de ne pas pouvoir lire son œuvre. C’est une véritable prouesse littéraire.

Et dans la rentrée étrangère, quel est le livre qui vous a le plus marqué ?
Pour rester dans la thématique d’invention d’un créateur fictif comme dans le roman que je viens de vous citer, je recommanderai « Intérieur nuit » de Marisha Pessl (Gallimard). Dans cette histoire-là, il s’agit d’un personnage de metteur en scène de films d’horreur dont on a retrouvé la fille morte dans un hangar à  Chinatown. C’est un excellent thriller qui offre une réflexion passionnante sur l’impact de la fiction sur nos vies.

Mais je me permets aussi, de signaler qu’il ne faut pas passer à côté du dernier roman de David Grossman « Un cheval entre dans un bar » (Le Seuil). C’est le portrait puissant, douloureux, mais réaliste de la société israélienne par l’un de ses plus grands romanciers.

Parmi les premiers romans, lequel vous a le plus plu ?
À la librairie, toute l’équipe a vraiment et unanimement adoré « Les loups à leur porte » de Jérémy Fel (Rivages), mais je ne l’ai pas encore lu, ce que je vais faire. Je choisis donc « La petite barbare » d’Astrid Manfredi (Belfond). Non pas pour son sujet – une jeune femme en détention- car je ne suis jamais très attiré par les romans à dimension sociale, mais pour la langue, aussi audacieuse que percutante.

Le livre, le plus emblématique de la librairie, que vous défendez avec ferveur:
« Et quelquefois j’ai comme une grande idée » de Ken Kesey  (Monsieur Toussaint L’Ouverture), l’auteur de « Vol au-dessus d’un nid de coucou ». C’est un roman faulknerien par son invention formelle, mais aussi steinbeckien par son approche sociale.  C’est la première traduction française d’un roman magistral presque cinquante ans après sa publication américaine.

Quel aura été selon vous le grand livre de cet été 2015
C’est un livre sorti en janvier dernier, « Stardust » de Nina Allen (Tristam). Autour du personnage d’une actrice mythique de films d’horreur, c’est un cycle de récits qui s’enchaînent comme des nouvelles. Toutes plus stupéfiantes les unes que les autres. Nina Allen est une star de la SF britannique qui nous offre là un roman épatant sur la richesse de l’imaginaire. 

Une brève de librairie (ou plutôt un coup de gueule…)
Je voudrais parler d’un pan méconnu de notre métier et me permettre un coup de gueule. Ce matin ce n’est pas moins de 19 colis d’un même grand groupe d’édition qui viennent de nous arriver pour la seule première semaine d’octobre. Je me serais bien passé des deux tiers des livres envoyés, tant ils sont peu ou pas travaillés, bourrés de coquilles et sans réelle raison d’être. On est dans une accélération généralisée, une course frénétique à la production au détriment de la qualité éditoriale des livres. Alors j’ai envie de faire passer un message aux éditeurs : « Publiez moins, mais mieux ». Tout le monde du livre, de l’éditeur au lecteur en passant par l’auteur et le libraire, en sortirait gagnant.

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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Librairie Georges
300 Cours de la Libération, 33400 Talence
05 56 04 68 00

 

 

 

 

 

 

 
 
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