Fred Deux
Le Temps qu'il fait
corps neuf
octobre 2011
855 p.  25 €
 
 
 

Librairie de Paris Illustration def onlalu
illustration Brigitte Lanaud Levy

À ne pas confondre avec « La librairie de Paris » située … à Saint Étienne. Celle dont nous parlons aujourd’hui s’est installée en 1948 à l’emplacement d’une brasserie sur une des places mythiques de Paris : la place Clichy. Depuis 1989 elle appartient au groupe Gallimard qui a engagé de gros travaux de rénovation en 2000. Située à la croisée de quatre arrondissements, les 8e, 9e, 17e et 18e, cette place forme un carrefour assez hétéroclite, très fréquenté de jour comme de nuit. Elle a depuis toujours inspiré les plus grands artistes : peintres, cinéastes, chanteurs, poètes et romanciers.  Sa librairie généraliste de près de 300 mètres carrés est une institution du quartier.  Chaque semaine son équipe de quinze libraires organise des signatures et des rencontres d’auteurs. C’est Alexandre Bord libraire plus particulièrement en charge des 40 mètres carrés de mezzanine consacrés à la BD et aux livres de poche qui nous reçoit.

Quel est le livre de littérature française de cette rentrée qui vous a particulièrement plu ?
« Archives du vent » de Pierre Cendors (Le Tripode). Un « roman-monde » qui se démarque particulièrement par la beauté de son écriture et par le charme envoutant de son univers cinématographique. Son intrigue qui prend la forme d’un thriller est passionnante. C’est un auteur qui impose une vision aussi romantique  que réjouissante de la littérature. Ce livre devient comme une obsession, on ne cesse d’y penser une fois qu’on l’a refermé.

Et du côté de la littérature étrangère ?
Je suis fou du roman de Paul Beatty « Moi contre les Etats–Unis d’Amérique » (Cambourakis) . Cet écrivain nord-américain est surtout très populaire pour ses performances de slam et en tant que poète. Mais il est aussi la version masculine et totalement débridée de Toni Morrison. Il sait éclater les clichés et ouvre les consciences comme nul autre, en abordant de façon très subversive la cause des Noirs. Il  imagine dans ce roman une histoire féroce et ironique où le rétablissement volontaire de la ségrégation ressuscite un ghetto black de Los Angeles. Un roman aussi surréaliste que politique.

Quel est le premier roman pour lequel vous avez eu un coup de cœur ?
Bien qu’il soit sorti en mars dernier, j’ai envie de vous parler de « Requin » qui est le premier roman du compositeur-interprète Bertrand Belin (Editions P.O.L). Au fond d’un lac artificiel près de Dijon, le temps de sa noyade, un homme ressasse ce qu’a été sa vie. Il remonte en circonvolutions le fil de ses souvenirs.  C’est un texte aussi maîtrisé que jubilatoire qui en quelques pages dit beaucoup de la vie, de la mort.

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie que vous défendez avec ferveur ?
« La Gana » de Fred Deux (Le temps qu’il fait). Ce roman avait été publié par Maurice Nadeau en 1958. C’est un livre-culte qui se passe de main en main. Il m’a été transmis par un de mes collègues à la librairie, Matteo Cavanna. C’est un livre monstre sur la poésie cruelle de l’enfance et sa perception singulière du monde des adultes. Ce livre a refait surface après une forme d’oubli et on est tous fiers de pouvoir lui donner une deuxième vie à la librairie. C’est ça aussi notre métier.

Quel a été selon vous le grand livre de l’été 2015 ?
« Les intéressants » de Meg Wolitzer (Rue Fromentin). Dans la veine d’un Franzen ou d’un Eugenides, cette auteure américaine a frappé fort avec cette saga générationnelle qui suit une bande de jeunes et ce qu’ils ont fait de leurs vies sur quarante années. C’est un très bon roman populaire, dans le bon sens du terme,  qui a été le grand carton de l’été chez nous.  C’est Jean Christophe Millois, notre directeur adjoint, qui nous l’a fait découvrir.

Quel a été votre gros coup de cœur en roman graphique ?
J’ai été bluffé par la BD de Pénélope Bagieu « California Dreamin’ » (Gallimard). Elle raconte de son trait noir, charbonneux, très expressif, la jeunesse et le début de carrière de Cass Elliot, la chanteuse au physique et au timbre hors normes du groupe mythique « Mamas & the Papas ».

Une brève de librairie
Il y a quelques années, Radio Nova a enregistré une émission en direct à la librairie pour parler littérature. Une jeune chanteuse y était invitée à chanter en live. Personne ne la connaissait. Elle a interprété deux chansons, l’une venait du répertoire de William Sheller « Photos souvenirs », l’autre était une de ses compositions intitulée « Nuit 17 à 52 ». Elle était toute timide, voire fragile. Mais quand elle s’est mise à chanter, on a été tous scotchés sur place. On s’est dit qu’il s’était passé quelque chose que l’on n’était pas près d’oublier.  C’était Christine and the Queens.

Propos recueillis par Brigitte Lanaud Levy
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Librairie de Paris
7 place de Clichy
75017 Paris

 

 

 

 
 
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