Rudolf Noureev
Arthaud
février 2016
178 p.  19,90 €
ebook avec DRM 14,99 €
 
 
 

l  a    c  r  i  t  i  q  u  e    i  n  v  i  t  é e  

Ilana Moryoussef (France Inter) a aimé
Autobiographie de Rudolf Noureev (Arthaud)

«  C’est incroyable, mais ce livre, n’avait jamais été traduit en français ! Alors que c’est un récit de première main sur un itinéraire hors du commun. Comment un petit garçon, issu d’une famille musulmane pauvre d’Asie Centrale devient-il le plus grand danseur du 20e siècle ?

J’ai aimé ce livre parce qu’on y voit que même très jeune, Noureev est déjà Noureev. Son extraordinaire détermination, son caractère colérique, son credo artistique, son audace : tout est là.

Quand il intègre la prestigieuse école de danse de Leningrad, il est très en retard du point de vue technique, mais il a la rage d’apprendre. A l’internat, il fait le mur pour aller au spectacle, ne rien rater ce qui se fait en matière de danse. L’insubordination est sa marque de fabrique.

Il n’a que 22 ans quand, après avoir ébloui Paris lors d’une tournée du Kirov, il « fait défection », c’est ainsi que l’on disait à l’époque. Lors d’une scène rocambolesque à l’aéroport du Bourget, il échappe aux agents du KGB pour demander l’asile à deux policiers français.

 Cette Autobiographie a été publiée en 1962. Noureev avait 24 ans. On pourra juger que c’est un peu tôt. Dans sa très éclairante préface, Ariane Dollfus explique que « c’était aussi un acte de survie. Car les services secrets soviétiques hésitaient toujours à porter atteinte à la vie d’un « traître » tant qu’il était dans la lumière. » Or Noureev figurait sur la liste des déserteurs soviétiques que le KGB souhaitait éliminer.

On se dit qu’il y a quelque chose de bon, finalement, à ce que ce texte paraisse si tard. Dans ses notes, Ariane Dollfus donne les noms de personnes que Noureev n’a pas citées pour les protéger. Elle explique le rôle qu’elles ont joué dans la vie du danseur. Elle resitue le contexte géopolitique. Elle rappelle, par exemple, que par crainte de mécontenter les Soviétiques, l’Opéra de Paris s’est pendant des années abstenu d’inviter Noureev à danser.

A lire aussi : Noureev l’insoumis, d’Ariane Dollfus, une belle biographie que Flammarion republie ces jours-ci.

Propos recueuillis par Pascale Frey
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