Aki Shimazaki
Actes Sud

114 p.  6,60 €
 
 
 

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illustration Brigitte Lannaud Levy

Ne cherchez pas la femme–renard, c’est elle. Avant de reprendre, avec Nadège Loublier, la librairie « Le Scribe » à Montauban, Caroline Berthelot était libraire à Caen. Elle découvrit alors  un renardeau abandonné, qu’elle prit l’habitude d’emmener  avec elle pour le nourrir. Elle est devenue ainsi la « femme au renard ». Mais il y a  aussi le livre culte « La femme changée en renard » de David Garnett, un auteur britannique épatant, contemporain de Virginia Woolf , membre du Bloomsbury group, qui est enterré à Montauban. C’est ainsi, à la croisée de ces deux histoires romanesques, que le nom de cette enseigne s’est imposé.
Du dynamisme, ces deux libraires  en ont à revendre et c’est dans cet esprit qu’elles font vivre leur passion hors les murs en participant à de nombreux  festivals littéraires,  dont « Place aux nouvelles » ou encore « Lettres d’automne ».  Ce n’est pas moins de quarante manifestations  auxquelles elles s’associent tout au long de l’année.  Située en centre-ville, « La femme-renard » n’est qu’à 100 mètres à vol d’oiseau de la plus grande librairie de la ville, ce qui l’oblige à cultiver ses différences et son positionnement de niche en étant  très sélective sur ses choix.

Quel est le livre de littérature française qui vous a le plus marqué ces derniers temps?
Comme beaucoup de mes confrères, j’ai été séduite par « En attendant Bojangles »  de Olivier Bourdeaut (Finitude). Mais pour changer,  je vous citerai « L’ombre de nos nuits » de Gaëlle Josse (Noir sur Blanc/Notabilia) qui nous fait pénétrer dans l’atelier de Georges Delatour. Une jolie variation poétique autour du désir charnel et de la passion amoureuse.
Et du côté des romans étrangers ?
« La bombe «  de Franck Harris (La dernière goutte). Pour la première fois traduit en France, ce texte de 1908 qui se déroule à Chicago en 1886 vient de recevoir le prix du regroupement de libraires indépendants auquel nous appartenons : le prix mémorable 2015 – Initiales . C’est notre roman chouchou du moment, une super histoire d’amour sur fond de lutte sociale et politique. Un texte littéraire qui se lit très facilement.

Quel est le premier roman que vous avez particulièrement apprécié ?
«  Notre château » de Emmanuel Régniez (Le Tripode). Un roman fantastique, très atypique. L’histoire d’un frère et d’une sœur qui vivent seuls et quasi reclus dans un château. Un livre captivant aussi bien qu’agaçant, tant il vous saisit pour ne plus vous lâcher. Plus on avance dans sa lecture, moins on est sûr de ce que l’on découvre, tout peut à chaque page, basculer dans l’étrange,  le gothique, l’onirique.

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie que vous défendez depuis toujours avec ferveur ?
J’ai toujours à porter de main «  Le poids des secrets » de  Aki Shimazaki (Actes sud). J’aime cette pentalogie qui est une jolie passerelle pour amener les gens à découvrir une autre littérature, plus exigeante. Pour ceux qui lisent peu, c’est une écriture simple et accessible tout autant que belle et profonde.  La force de l’évidence.

Brève de librairie
Quand nos clients voient des objets en forme de renard, ils ne résistent pas à l’envie de nous les offrir. C’est ainsi que malgré nous, à cause de notre nom, nous nous retrouvons avec une collection de renards empaillés, dont l’un très kitch qui porte une voilette. Le plus souvent ce sont de vieux renards de famille poussiéreux, redécouverts dans les greniers. Même si ces attentions nous touchent, nous tenons à préciser que nous aimons surtout et avant tout cet animal vivant.

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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La femme renard
115 Faubourg Lacapelle
82000 Montauban
05 63 63 01 83

 
 
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