Nikos Kokantzis
EDITIONS DE L'AUBE
aube poche
octobre 2014
128 p.  6,80 €
ebook avec DRM 4,49 €
 
 
 

La nouvelle librairie Guillaume

librairiegeneraleducalvados
illustration Brigitte Lannaud-Levy

Quelle façade ! Dans la très commerçante rue Saint-Pierre à Caen, on ne peut la rater. Elle orne une bâtisse du XVIIIe siècle appelée « Maison Chibourg » du nom du médecin-chef des hospices de la cité ducale. Son décor Belle Époque symbolisant l’amour des sciences a été conçu par l’architecte Auguste Nicolas en 1903 à la demande de Louis Jouan : éditeur-libraire. Elle a survécu aux bombardements de la dernière guerre et elle est aujourd’hui classée. Aussi quand Nicolas Coulmain et Edouard Quiedeville ont repris il y a six mois cette librairie pour y engager de gros travaux de rénovation, c’est avec le désir de recréer un intérieur en résonnance avec l’histoire du lieu et en jouant avec la noblesse de la pierre de Caen et du chêne massif. Leurs souhaits : que l’on se sente bien dans leur librairie, qu’elle soit baignée de lumière naturelle, que l’on puisse y flâner et s’y reposer dans ses confortables fauteuils. En exposant régulièrement des artistes-peintres, ils souhaitent donner le sentiment de renouveau à chaque fois qu’on la visite et offrir un bel écrin aux trente mille références de leur fonds et aux auteurs et lecteurs qu’ils accueillent.

Quel roman français vous a le plus séduit cette rentrée ?
« Tropique de la violence » de Nathacha Appanah (Gallimard). Elle nous propose un récit sur l’origine de la douleur qui s’exprime dans la destruction du lien. Elle restitue à chacun son humanité, quelle que soit la place que l’on occupe et enchâsse les voix de chacun sans fioriture. Elle évoque de façon limpide toutes les sensations, les ressentis avec beaucoup de sensualité. Voilà un texte que l’on aimerait beaucoup voir jouer au théâtre.

Et du côté des étrangers ?
« Anatomie d’un soldat » de Harry Parker (Christian Bourgois). C’est un premier roman sur la guerre, mais pas que… On suit un jeune soldat britannique en zone de conflit au Moyen-Orient. Après avoir sauté sur une mine, il perd ses jambes. De retour au pays, un autre combat s’engage : celui de la reconstruction, de la reconquête de soi racontées tour à tour par 45 objets : son gilet pare-balles, un garrot, une prothèse, un verre de bière… On peut lire chaque chapitre de façon aléatoire, comme des éclats. C’est un témoignage saisissant.

Quel premier roman vous a particulièrement plu ?
« Désorientale » de Négar Djavadi (Liana Levi). Alors qu’elle attend une insémination artificielle, une jeune femme se rappelle à la fois son enfance en Iran dans une famille d’opposants au régime du Shah puis  à celui de Khomeiny, mais aussi leur arrivée à Paris. C’est un grand roman sur l’Iran du 20e siècle et sur la France d’aujourd’hui. Les questions d’identité, de racine, d’exil, sont abordées avec une très belle énergie.

Si vous pouviez remettre le Goncourt ?
À un roman qui a fait l’unanimité au sein de l’équipe à la librairie : « Règne animal » de Jean-Baptiste Del Amo. Pour son ampleur romanesque et le ciselé de son écriture.

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie que vous défendez avec ferveur ?
Pierre Landry, formidable libraire de Tulle à qui nous demandions conseil avant de reprendre la librairie nous avait dit: « D’abord posez des Gracq et après vous verrez».  Nous pourrions vous citer « Carnets de notes » de Pierre Bergounioux (Verdier) ou « Sarinagara » de Philippe Forest (Gallimard). Ou encore tout Philip Roth ou tout Jim Harrison. Mais puisqu’il faut choisir : « Gioconda » de Nikos Kokàntzis (l’Aube). L’histoire poétique et sensuelle de la rencontre à Thessalonique entre un adolescent et une jeune fille juive qui disparaîtra à Auschwitz. 

Quel a été pour vous le grand roman de l’été ?
 » Guerre et paix » de Léon Tolstoï.

Une brève de librairie :
Quelques semaines à peine après l’ouverture de la librairie, il y avait un festival à Caen auquel participait  Jean Rouaud. Il est venu à la librairie par hasard, a été séduit et nous a fait la promesse de revenir. Ce parrainage impromptu nous a littéralement comblés.

Propos recueillis par Brigitte Lannaud Levy
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La nouvelle librairie Guillaume
98 rue Saint Pierre
14000 Caen

 

 
 
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