Elisabeth de Fontenay
Prix Femina Essai 2018
Stock
la bleue
août 2018
150 p.  16,50 €
 
 
 

l  a   c  r  i  t  i  q  u  e   i  n  v  i  t  é e   

 Catherine Fruchon-Toussaint (RFI) aimé
« Gaspard de la nuit » de Elisabeth de Fontenay chez Stock

Philosophe majeure de notre temps, Elisabeth de Fontenay révèle pour la première fois une part intime de son existence avec ce récit autobiographique. Dans ce livre, intitulé « Gaspard de la nuit » en écho au recueil de poèmes d’Aloysius Bertrand, elle raconte en effet son frère qui depuis toujours est différent. Sans jamais nommer la maladie dont il souffre, puisqu’elle n’a pas été diagnostiquée par les médecins d’après-guerre, elle donne une voix à son cadet qui depuis des années est enfermé dans son monde. A travers des souvenirs communs, la restitution de moments importants, quand il s’est exclamé par exemple « Je suis content » ou plus violemment « laissez-moi vivre ! », Elisabeth de Fontenay fait en creux également son propre portrait, celui d’une grande sœur emportée par sa carrière d’intellectuelle. Un texte d’autant plus fort, que l’essayiste parle sans fard et sans tabou de cette relation qui les unit sans forcément les rapprocher. Elle refuse de le traiter comme un malade, il se soustrait constamment au dialogue, d’où cette alternance de sentiments entre colère, impuissance et tendresse. C’est enfin, un texte que l’on peut lire comme une reconnaissance, puisqu’au fil des pages, on comprend que c’est en réaction au silence de son frère, qu’elle a cherché à comprendre le monde, et qu’elle est devenue philosophe. « Gaspard » ne lira jamais ce texte, mais avec ce livre, il est définitivement sorti de la nuit pour le plus grand nombre, grâce aussi aux dames du Femina qui ont eu l’excellente idée de lui décerner cette année leur prix dans la catégorie essai.

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