Yiyun Li
traduit de l'anglais par Clément Baude
Belfond
août 2019
157 p.  20 €
ebook avec DRM 13,99 €
 
 
 

l a   c  r  i  t  i  q  u  e   i  n  v  i  t  é e

Oriane Jeancourt-Galignani (Transfuge) a choisi «La douceur de nos champs de bataille» de Yiyun Li chez Belfond

« Yiyun Li est un écrivain que j’aime beaucoup. L’an dernier, elle avait publié « Cher ami, de ma vie, je vous écris dans votre vie », un journal de dépression, très beau. Ce nouveau récit est encore plus difficile, puisqu’il parle du suicide de son fils à l’âge de dix-sept ans. C’est un texte à mi-chemin entre le journal et la fiction, présenté sous la forme d’un dialogue avec le fantôme de son fils.

Tous deux partageaient une certaine sensibilité, mais aussi l’amour de la cuisine et de la pâtisserie. Au début, cela ressemble à une conversation assez légère entre une mère et son fils, mais on comprend peu à peu que celui-ci est mort. Cette légèreté s’efface et fait place, au fil des pages, à la mélancolie. La mère ne peut s’empêcher de demander à son fils pourquoi il a fait ça, comment l’enfant joyeux qu’il fut a-t-il pu devenir ce jeune homme si sombre. Elle lui raconte comment elle tente tant bien que mal de poursuivre sa vie, mais qu’elle ne peut s’empêcher de continuer à l’attendre.

Le titre, « La douceur de nos champs de bataille », résume bien le ton du livre. Yiyun Li est américaine d’origine chinoise et pratique une forme de philosophie qui prône un rapport à la nature très fort, tente de mettre les choses à distance, croit dans les cycles de la vie et apporte une forme de douceur aux événements les plus terribles. Une sagesse qui permet de supporter la douleur. »

Propos recueillis par Pascale Frey
Lire d’autres critiques invités

 

 
 
partagez
partage par email

q u o i  l i r e ? découvrez les coups de coeur des libraires cette semaine  #97


Retour à la page d'accueil