Jonathan Kellerman
Seuil
octobre 2015
564 p.  22,50 €
ebook avec DRM 8,99 €
 
 
 

Le critique invité

Bruno Corty (Le Figaro) a aimé
Le Golem d’Hollywood
de Jonathan et Jesse Kellerman (Le Seuil)

« Je n’avais jamais lu Jonathan Kellerman, 66 ans, romancier au succès  international, auteur d’une série de trente polars mettant en scène Alex Delaware, un psy pour enfants consultant auprès de la police de Los Angeles. J’avais, bien sûr, entendu parler de son fils, Jesse Kellerman, 37 ans, jeune et brillant auteur de thriller dont l’un des cinq livres, « Les Visages », fut un immense best-seller dans le monde et en France.
Pourquoi l’association du père et du fils m’a-t-elle séduit ? Comme l’a écrit Stephen King, qui fut l’un des premiers à lire « Le Golem d’Hollywood », à propos des Kellerman père et fils: «Ce livre est le fruit d’une collaboration unique qui fait mentir l’arithmétique : ici, un plus un égale beaucoup plus que deux.?» Un peu comme lorsque le maître de Bangor s’était associé à son ami Peter Straub pour concocter, en 1984, le « Talisman des territoires ».

J’ai donc ouvert ce pavé de 565 pages en pensant qu’à tout moment il me serait facile de quitter le navire. Et je suis finalement resté à bord jusqu’au bout du voyage. Et quel voyage !
Résumer pareille histoire étant vain, on peut au moins essayer d’en donner les grandes lignes. À Prague, en 2011, un tueur en série s’apprête à ajouter une femme de plus à son palmarès macabre lorsqu’il tombe, au pied de la synagogue Vieille-Nouvelle, sur plus fort que lui. Un an plus tard, dans une villa abandonnée sur les collines d’Hollywood, un jeune policier découvre une tête sans corps et le mot « Justice » écrit en hébreu sur le plan de travail de la cuisine. Jacob Lev, inspecteur de police au rancart, déprimé et alcoolique, se voit soudain transféré dans une unité spéciale qui le met sur l’affaire en sa qualité de Juif… Jacob n’est pas un flic comme les autres. Il a étudié à Harvard et a été élevé par un père rabbin presque aveugle et une mère sculptrice atteinte de troubles du comportement.

Quand ils n’emmènent pas Jacob dans cette enquête infernale dans les rues de Los Angeles, de Prague ou de Londres, les Kellerman réécrivent l’histoire d’Abel et Caïn et de leur sœur Acham. Un récit de violence et de vengeance qui va aboutir au Golem, cette créature de glaise créée au 16e siècle par le rabbin Löw, dit le Maharal, afin de protéger sa communauté des persécutions.

On ajoutera à ces deux histoires montées en parallèle, l’intervention d’impressionnants nécrophores de Bohême et d’une créature aussi sublime qu’insaisissable. Le tout donne un polar de très belle facture, tout à la fois inquiétant, brillant et drôle.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, on apprend qu’avec « Le Golem d’Hollywood » papa et fiston Kellerman ont mis en route une série qui se poursuivra l’an prochain avec « Le Golem de Paris ». On en salive par avance !

Propos recueillis par Pascale Frey
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