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LA MER QUI PREND L'HOMME
CHRISTIAN BLANCHARD

belfond
thriller
octobre 2018
-1 p.  19,90 €
ebook avec DRM 13,99 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Prenant, intense, angoissant, et surtout cruellement et tristement crédible.

Après mon coup de coeur pour Iboga, je décide de rester dans l’univers de Christian Blanchard, avec son second livre paru chez Belfond, La mer qui prend l’homme.
Il est à noter que ce livre est paru initialement en 2014 aux éditions du Palémon, sous le titre Pulsions salines, et a été finaliste dans le cadre du prix du polar francophone de Cognac 2015.

A nouveau, l’auteur nous emmène faire une plongée saisissante dans l’âme humaine, en traitant un sujet fort : le SPT (Stress Post Traumatique). Toute personne vivant une situation de stress importante (accident , attentat, guerre, …) peut développer un SPT.
Le cerveau atteint par des traumatismes psychiques va reproduire à l’identique des stimulis perçus lors de l’agression. Ces souvenirs constituent des flash-back qui provoquent des cris, des gestes de combat, un réveil en sueur, …

C’est très sombre, ça secoue, et ça, on le comprend dès le départ, dès le moment où on assiste à une opération hélitreuillée en vue du sauvetage d’un chalutier à la dérive, le Doux Frimaire, et à la découverte d’une femme complètement prostrée et terrorisée, de l’absence totale de tout autre membre d’équipage, et d’un véritable capharnaüm à bord : instruments de navigation détruits, commandes des moteurs fracassées, du sang partout …

En commençant pour ainsi dire par le final, Christian Blanchard tient le lecteur en haleine, car on imagine bien qu’on se dirige tout droit vers quelque chose de très moche.
S’ensuit alors un retour dans le passé, où l’on fait connaissance avec les principaux protagonistes : un sergent, un lieutenant, un infirmier et un aumônier, ayant tous participé au conflit afghan, des êtres devenus psychologiquement instables à cause des situations de stress qu’ils ont vécues.

Sous prétexte de réhabilitation, le lieutenant Emily Garcia les rassemble sur un chalutier, parmi un équipage aguerri à la pêche en haute mer. L’objectif est de leur en faire baver, leur faire mal, leur faire vivre les difficultés du métier de marin pêcheur. Ils doivent s’apercevoir que leur problème de stress devient alors secondaire.

L’auteur nous emmène tantôt dans ce conflit afghan, tantôt sur le chalutier, ballottés sur une mer déchaînée, où l’on ressent une violence qui ne demande qu’une étincelle pour exploser.

Seul petit bémol me concernant : les passages parfois sans transition d’un personnage à l’autre, ou d’un endroit à un autre, qui m’ont parfois déstabilisé.
Cela ne m’a pas empêché d’être emporté dans cet univers, embarqué à bord du chalutier, ou projeté durant la guerre en Afghanistan.

La mer qui prend l’homme est un roman qui nous plonge dans la noirceur la plus totale. C’est prenant, intense, angoissant et surtout cruellement et tristement crédible.
L’intrigue vous ronge comme nos héros, la folie l’emporte et le suspense est insoutenable jusqu’au bout.

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