L'Étranger
Albert Camus

Illustrations de Jacques Ferrandez
Gallimard Jeunesse
Fétiche
avril 2013
136 p.  22 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

L’Etranger en bande dessinée ? Et puis quoi encore !

On peut légitimement se demander pourquoi illustrer une œuvre qui se suffit à elle-même. Pourquoi mettre en image « L’étranger » ? Qu’est-ce que ces dessins vont apporter à Camus ? On imagine un illustrateur qui va tirer l’œuvre à lui-même, reléguant l’auteur au rang de subalterne. J’avais toutes ces mauvaises idées en tête avant de lire puis de rencontrer Jacques Ferrandez, l’illustrateur de « L’Etranger ».

Pour être juste, je n’avais pas relu ce texte depuis l’année du Bac, ce qui commence à dater. Autant le dire tout de suite : je me suis laissé prendre (piéger ?) dès la première page. Ce dessin précis, cette ligne le plus souvent claire et cette narration limpide rendent l’œuvre incroyablement vivante. Ferrandez réussit l’exploit de n’être ni à la remorque de camuslegrandécrivain, ni d’imposer sa lecture de « L’Etranger ». Bien sûr, avec son trait contemporain, sa palette chaude, il impose son ambiance, sa vision d’Alger et, plus généralement, du roman. Mais il opère comme un metteur en scène ; il veut servir le texte et il y parvient à la perfection. Il y prend du plaisir et le lecteur le sent.

Alors, il ne faut pas hésiter. Que vous ayez lu ou non « L’étranger », tournez-vous vers ce qu’il faut bien appeler une bande dessinée. Je serais surpris que vous le regrettiez. Et si c’est le cas, il vous restera le texte, immuable, intact. C’est le folio N°2.

Lire la rencontre avec Jacques Ferrandez

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