Voyage au centre de la terre
Mattéo Berton

Editions de la Pastèque
novembre 2017
112 p.  21 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Jules Verne revisité

La Pastèque est une maison d’édition canadienne, Mattéo Berton un illustrateur italien et Jules Verne un auteur français. De ce classique « Voyage au centre de la terre », Berton donne une interprétation résolument moderne. Pour mémoire, le professeur et conservateur du musée de Hambourg, Otto Lidenborck, par ailleurs minéraliste et géologue, tombe sur un runique islandais. Son neveu Axel, le narrateur, en devine la signification. Il s’agit de la porte d’entrée pour accéder au centre de la terre. Jules Verne publie le roman en 1864, nous sommes en pleine effervescence scientifique. La raison et la logique expliquent tout, l’imagination fait le reste. Le professeur et son neveu décident de gagner l’Islande. Sur place, ils engagent Hans, le chasseur d’eiders, ce canard dont on utilise le duvet pour garnir les édredons. Ensemble, ils escaladent le Sneffels, un volcan éteint. Au milieu de l’immense cratère, à midi pile, une cheminée atteinte par l’ombre voisine du Scartaris indique le point de départ.

Plus de cent ans après sa parution, le suspense et le merveilleux sont toujours au rendez-vous. Axel se perd puis casse sa lampe, le trio aborde une mer sans horizon, baptisée avec modestie la mer de Lidenborck. Ils dérivent sur leur radeau jusque sous le Stromboli, croisent des monstres marins et découvrent un monde ancien tout neuf. Au-delà du texte, la qualité graphique magnifie les paysages souterrains, plongés dans l’obscurité. Venu de l’illustration, il a réalisé des couvertures pour le « New York Times » ou le « New Yorker », Berton bichonne chaque case, à coup de lignes droites pour la plongée dans ces entrailles, et de courbes pour les contours des grottes. Les pages sont superbes. Son trait saisit ce sentiment d’angoisse sur les visages quand l’eau vient à manquer ou lorsque le groupe se trompe de boyau. Quelques couleurs harmonisent l’ensemble, le vert turquoise pour l’eau et le ciel, le marron rouille pour définir les personnages, le noir pour les décors souterrains et le blanc pour lier. Un bel ouvrage avec sa couverture cartonnée, il faut prévenir le père Noël, il devra en remplir sa hotte.

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