Le monde selon Karl. Citations choisies de Karl Lagerfeld
Jean-Christophe Napias

Ilustrations de Patrick Mauriès, Charles Ameline
FLAMMARION
septembre 2013
160 p.  25 €
ebook avec DRM 16,99 €
ebook sans DRM 16,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Voyez la vie en rose… Mais n’en portez pas !

En ces temps médiatiques où chaque célébrité dure à peine un quart d’heure, la popularité de Karl Lagerfeld semble sans limites. Comment cet homme, qui fête cette année ses 80 ans, est-il devenu une véritable « rock star » que les plus jeunes poursuivent dans la rue (sa grande fierté) pour une photo? Quelles sont les clés de cette séduction durable alors qu’il œuvre pour l’éphémère ?  Dans une jolie préface à ce florilège hilarant des bons mots du « grand » Karl, Patrick Mauriès avance une réponse intéressante : le couturier serait la réincarnation moderne des jeux d’esprit des salons littéraires. « L’irrégulier » comme il le surnomme (hommage au titre de la biographie de Chanel par Edmonde Charles-Roux), le reconnaît lui-même: il s’amuse terriblement à se mettre en scène du soir au matin comme un pantin dont lui seul maîtrise l’équilibre. Au cours de cette lecture réjouissante, on cerne un peu mieux le personnage derrière les citations. Le « grand » Karl est un paradoxe vivant. Héritier d’une éducation rigoriste, il s’en est affranchi tout en conservant une véritable distance salvatrice avec la vie et l’époque. Bourreau de travail d’une insatiable curiosité, ses passions, notamment les livres et la photo, lui permettent d’accumuler un matériau qu’il réinterprète ensuite à l’infini pour se réinventer. Il déteste le passé et la postérité ne l’intéresse pas. Profondément de son époque, il s’amuse de ses contemporains comme de lui-même. Ce recueil est une belle idée qui nous vient d’éditeurs américains (l’ouvrage français est une traduction), la popularité de Karl Lagerfeld dépassant bien sûr largement nos frontières. Grâce à cet ouvrage chacun pourra désormais se délecter de sa philosophie et, pourquoi pas, faire siennes quelques-unes des saillies de celui qui se définit si bien. Laissons-lui le dernier (bon) mot: « Je suis superficiel mais avec une grande superficie ».

 

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