Rien n'est grave dans les aigus
Michel LEGRAND

Le Cherche Midi
octobre 2013
307 p.  18,50 €
ebook avec DRM 13,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

la joyeuse ballade de Michel Legrand

Difficile de ne pas fredonner « la chanson des jumelles », « le cake d’amour » ou « les moulins de mon cœur » en ouvrant « Rien n’est grave dans les aigus », ce « livre promenade ». Cette autobiographie a un timbre, un rythme, une couleur qui font entendre la voix de Michel Legrand. De ses années de conservatoire à la Californie, en passant par le secret des studios d’enregistrement ou des lieux de tournage, c’est une joyeuse balade dans le temps et les genres.
Surdoué de la musique, Legrand entre à 11 ans au Conservatoire avant d’être dirigé dans la classe de Nadia Boulanger,  impressionnante pédagogue dont il dit « qu’elle n’est pas autoritaire mais incarne l’autorité ». D’une extrême exigence, elle explique un jour à son jeune élève qu’il ne travaille pas assez. Quand il tentera de se justifier, elle lui rétorquera, implacable: « Je ne t’ai pas posé de question, j’affirme».  De cette formation de 5 ans, il conservera le sens de l’effort. Il va désormais composer pour le cinéma, pour d’autres artistes, mener carrière en France et aux Etats Unis, aimer à la folie le jazz dont il a « une révélation mystique » à un concert de Dizzie Gillespsie en février 1948.  Il y a bien évidemment Jacques Demy auquel l’unira un lien fraternel permettant l’éclosion des « Parapluies de Cherbourg », des « Demoiselles de Rochefort » et de « Peau d’Ane ».  Une complicité qui résistera au temps, aux déconvenues et laissera Michel Legrand esseulé lorsque son « autre moitié » aura disparu.

Il y a aussi toutes les autres rencontres faites au détour des hasards de la vie ou bien des affinités musicales : Miles Davis, Ray Charles, Henri Salvador, Henry Mancini, Claude Nougaro, Maurice Chevalier, le couple Bergman, Jacques Brel, Igor Stravinski… certains dont il brosse un portrait tendre et chaleureux, d’autres qu’il égratigne sans ménagement. Mais il est comme cela Legrand, lorsqu’il se « lasse d’une situation ou d’une personne, c’est sans appel. »

Il évoque aussi cette plongée au cœur de la dépression après son séjour en Californie  et l’étincelle qui déclenche la composition d’un thème, d’une mélodie.
« Rien n’est grave dans les aigus » est la jolie partition d’un musicien qui a voulu « diversifier les plaisirs musicaux quitte à se tromper et a su garder intacte son âme de jeune étudiant. »

Et comme il n’est pas interdit de se faire plaisir, prenez le temps (2’20 ») de regarder cet extrait des Parapluies de Cherbourg

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Lire notre critique dans la sélection du week-end « C’était mieux avant »  (18 octobre 2013)

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